Bush pour la première fois en Israël et en Cisjordanie

George W. Bush compte au cours de son voyage à Jérusalem et en Cisjordanie «aider» Israéliens et Palestiniens à résoudre un conflit vieux de 60 ans, «encourager la réconciliation entre Israéliens et Arabes», affirmer «l’engagement durable» des Etats-Unis à veiller à la sécurité de ses alliés dans le Golfe, contrer l’influence de l’Iran et parler de l’Irak, de terrorisme et d’économie, a annoncé la porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino. Mais ce périple confirmera surtout l’implication personnelle de M. Bush dans le nouvel effort de paix engagé sous ses auspices par Israéliens et Palestiniens fin novembre à la conférence d’Annapolis, près de Washington.
M. Bush effectuera son premier voyage en Israël et dans les Territoires depuis qu’il est devenu président des Etats-Unis en 2001. Ce sera aussi la première visite d’un président américain en exercice en Israël depuis celle de Bill Clinton en décembre 1998. En sept ans de présidence, M. Bush ne s’est rendu dans la région qu’une seule fois avec pour motivation première le conflit israélo-palestinien: c’était en 2003, en Egypte et en Jordanie. M. Bush ne s’est jamais rendu en Israël ou dans les Territoires depuis qu’il les a survolés avec Ariel Sharon en 1998 alors qu’il était encore gouverneur du Texas. Il a volontiers été accusé, jusque chez ses alliés, de s’être tenu à l’écart du conflit israélo-palestinien, pour se consacrer à l’Irak par exemple, et de servir presque aveuglément les intérêts des Israéliens. Mais, à bientôt un an de la fin de sa présidence en janvier 2009, la conférence d’Annapolis a vu l’engagement personnel peut-être le plus fort de sa part dans cette affaire. Sous son impulsion, Israéliens et Palestiniens se sont entendus à Annapolis pour relancer des négociations enlisées et rechercher avant fin 2008 un accord de paix menant à la création d’un Etat palestinien. En janvier, M. Bush entend « aider »Israéliens et Palestiniens à «concrétiser (sa) vision de deux Etats démocratiques vivant côte-à-côte dans la paix et la sécurité», a dit sa porte-parole. M. Bush a pris un tel engagement personnel auprès des dirigeants israéliens et palestiniens à l’occasion d’Annapolis afin que cette nouvelle entreprise, engagée dans un climat de scepticisme, n’avorte pas comme les précédentes.
Une telle promesse comptait beaucoup aux yeux de ses alliés arabes. A Jérusalem, M. Bush rencontrera le président israélien Shimon Peres et le Premier ministre Ehud Olmert. Il aura en Cisjordanie des entretiens avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et avec le Premier ministre Salam Fayyad, a dit Mme Perino. Mais il n’est pas prévu de rencontre conjointe avec les Israéliens et les Palestiniens, a-t-elle déclaré. Elle a catégoriquement exclu que M. Bush ait des entretiens avec les dirigeants de l’organisation islamiste Hamas, qui a pris le contrôle de la bande de Gaza, l’autre partie des Territoires palestiniens. Elle a rappelé que, pour l’administration Bush, le Hamas était une organisation « terroriste ». Mme Perino a aussi signifié que le déplacement de M. Bush visait surtout à prolonger la dynamique d’Annapolis et à « faciliter les discussions ».

• Laurent Lozano (AFP)

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