Cachemire : Élections stratégiques pour l’Inde

Vendredi, devant l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee n’avait pas manqué de répondre aux propos récemment tenus par le président pakistanais qualifiant les élections cachemiries de «farce». «Si les élections sont une pure fraude, pourquoi des terroristes sont-ils entraînés et infiltrés vers l’Inde par les services de renseignements pakistanais pour tuer les candidats et intimider les électeurs?», avait lancé le responsable indien. «Il faut avoir une logique assez tordue pour penser que le massacre d’innocents est un instrument de liberté et que des élections sont un symbole de répression», avait-il poursuivi.
Durant les semaines qui ont précédé le scrutin, la guérilla islamiste a en effet appliqué sa menace d’abattre les participants au processus électoral dans le Jammu-et-Cachemire, seul Etat indien à majorité musulmane. Pas moins de 24 militants de partis politiques, dont deux candidats, ont été tués selon les autorités, qui ont aussi signalé plus de 400 incidents pendant la campagne.
Entre les attentats ou massacres perpétrés par des islamistes, et les cas de tortures ou d’exécutions «extra-judiciaires» attribués aux forces de sécurité, la population du Cachemire indien a subi ces dernières semaines une violence extrême et quasi-quotidienne. Les élections de lundi devaient donc commencer dans un tel climat, sans compter le boycott annoncé des partis musulmans et les craintes de fraude électorale. Les premiers électeurs appelés à voter lundi sont ceux inscrits dans les cinq districts situés le long de la ligne de contrôle entre l’Inde et le Pakistan. Au total, 5,6 millions d’électeurs de la partie indienne du Cachemire sont invités à voter en quatre phases -jusqu’au 8 octobre- pour renouveler l’assemblée régionale qui compte 87 sièges.

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