Canada: Un Ramadan empreint de solidarité et de partage

Si pendant la journée, le jeûne ne change rien au rythme de la vie active locale, le soir les iftars collectifs réunissent musulmans et non musulmans. Chaque jour des centaines de repas sont offerts grâce à la générosité des membres de la communauté musulmane 

Au Canada, les musulmans représentent près de 3,2% de la population totale, soit un peu plus d’un million. Dans ce vaste territoire qui compte plus de 200 origines ethniques, au quotidien, chaque musulman ne trouve véritablement sa place qu’au sein de sa communauté d’origine. Chaque année cependant, le mois sacré du Ramadan a la magie de faire dépasser à tous ses clivages à travers des iftars collectifs et des rencontres empreintes de spiritualité et de partage.  Pendant tout un mois ainsi, la politique du «vivre-ensemble» chère aux gouvernants du Canada prend tout son sens et se pratique au quotidien dans un grand nombre de centres islamiques, notamment de la province du Québec. Ces établissements ouvrent leurs portes à tous et au moment de la rupture du jeune des iftars rassemblent des musulmans et même des non musulmans. Ces repas collectifs servis et offerts gracieusement nécessitent une véritable organisation et logistique chaque jour car ils se comptent au quotidien par centaine. En fin de semaine, ils peuvent même atteindre dans certains centres près de 900 repas par soir.

Le tout financé grâce à la générosité de nombreuses personnes de la communauté musulmane. C’est en fait très longtemps à l’avance que l’opération est préparée et bénéficie dans chaque centre islamique de la collaboration des habitués de l’établissement, mais pas seulement. Des membres des communautés musulmanes n’hésitent pas à faire le tour des centres et à proposer leurs services. L’investissement de tous est ainsi matériel et logistique. Au Centre culturel Dar Al Maghrib à Montréal, c’est aussi un programme très varié qui s’est mis en branle dès le début du mois de Ramadan, avec au menu des débats et conférences scientifiques.

L’heure est aussi au partage et au divertissement à travers des animations et des concours pour tous.  Dans la cité, sur la rue Jean Talon, à forte concentration maghrébine, si pendant la journée la torpeur enveloppe les cafés du quartier, le soir la localité reste à travers ses cafés animés jusqu’à très tard dans la nuit.  C’est là en effet où beaucoup de Maghrébins se retrouvent et revivent l’ambiance du pays d’origine.  C’est aussi en cette période, qu’élus et gouvernants choisissent de manifester leur intérêt à la communauté musulmane très sensible à ces attentions, notamment en ce mois sacré. Le maire de Montréal, Denis Coderre et d’autres élus de Montréal ont eu justement une présence remarquée il y a quelques jours lors d’un iftar collectif organisé par le groupe de presse Atlas Média qui fêtait son 14ème anniversaire. A cette rencontre ont été conviées plus de 400 personnalités issues des diverses communautés religieuses et ethnoculturelles établies dans la métropole. Une belle occasion pour tous pour se rapprocher, dialoguer et dissiper les préjugés.

Bonnes affaires
Canada-Latifa-El-Garti-Palais-de-FesComme ailleurs, la période du Ramadan est une occasion pour certains commerces de faire de bonnes affaires. Au cœur de la rive sud de Montréal, dans l’agglomération de Longueuil, la boulangerie-pâtisserie «Palais de Fès» est un établissement pour qui la période est propice. En ce mois, les journées sont longues pour la propriétaire Latifa El Garti. Dès 8 heures du matin elle est aux fourneaux pour ne finir qu’à 20 heures son activité. Normal, la demande est grande.

Harira, Chabakia, Sellou, Batbot, Baghrir, Hercha, patisseries marocaines traditionnelles… le commerce propose comme «au bled» tous les mets faits maison qui composent nos menus en ce mois.

Et Maghrébins comme Québécois en redemandent. Juriste de formation et diplômée de l’Uuniversité Sidi Mohamed Ben Abdallah à Fès, Latifa vit au Canada depuis quatre ans et s’investit dans son affaire depuis un an. C’est par passion pour notre gastronomie qu’elle s’est reconverte dans le domaine. Aujourd’hui cela lui réussit bien et elle compte bien aller de l’avant.

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