Chômage et pauvreté au Sommet de l’UA

Chômage et pauvreté au Sommet de l’UA

Manifestement, les pays africains membres de l’UA se sont rendu compte de l’importance de la problématique de l’emploi dans leurs politiques nationales de développement socio-économique.
Dans un continent rongé par les conflits armés, les guerres civiles et autres génocides, sans parler des maladies ravageuses, c’est un exploit. « Les stratégies pour la création, la promotion de l’emploi et l’amélioration des moyens de subsistance durables » est le thème central de ce sommet auquel assistent une vingtaine de chefs d’Etat. Selon les organisateurs, cités par les agences de presse, les participants débattront principalement du « marché de l’emploi » et des remèdes adéquats à la résolution du problème crucial qu’est le manque de travail sur le continent. Ce problème est considéré comme la cause principale d’un phénomène encore plus cruel : la pauvreté. En Afrique, la population active est au trois quarts aux chômage. Selon les Nations unies, plus de 320 millions de personnes subsistent avec moins d’un dollar par jour en Afrique, dont les trois quarts des habitants souffrent d’une « extrême pauvreté ».
Dans les années 90, le taux de chômage touchait 60% des jeunes Africains, selon le Bureau international du travail (BIT). Et sur les 55 pays les plus pauvres du monde, 33 se situent en Afrique sub-saharienne souffrant de « la malnutrition, la pauvreté, l’illettrisme et d’une situation sanitaire désastreuse », selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Le choix de cette thématique en soi traduit donc la volonté des dirigeants africains de réaliser les objectifs fixés par la déclaration du millénaire des Nations Unies, dont l’un des plus importants est la réduction de la pauvreté de moitié d’ici 2015. « Ce sommet, qui n’a pas l’ambition d’éradiquer définitivement la pauvreté, est la preuve de l’engagement et de la résolution des chefs d’Etat à atténuer ses effets », a déclaré à la presse, Alain Ludovic Thou, ministre burkinabé de l’emploi. Ce sommet tentera donc d’élaborer un plan d’action comportant les propositions et les stratégies censées résorber la crise de l’emploi. D’après le ministre burkinabé, « ce plan aura pour objectif d’établir l’égalité quant à l’accès à l’emploi pour les femmes, la frange la plus fragile et la plus importante de la population africaine ». Ainsi, grâce à ce plan d’action, vont apparaître des pistes sur les investissements à réaliser, les lois à adopter par les Etats en vue de favoriser l’emploi.
Mais ce n’est pas uniquement la promotion de l’emploi qui sera au coeur des débats lors de ce sommet. La question de l’émigration, notamment vers l’Europe, sera également dans le menu. C’est une hantise pour des dizaines de milliers de clandestins africains en quête d’un avenir meilleur, loin de la famine et du désespoir.
C’est à cause de ces constats inquiétants que l’Afrique risque de rater l’objectif du millénaire qui est de réduire de moitié la pauvreté d’ici 2015, même si sa croissance économique est passée de 3,2 % en 2002 à 4,2 % en 2003, notent des économistes. La raison en est que la croissance économique n’est que très légèrement supérieure à la progression démographique, d’après la Commission économique de l’ONU pour l’Afrique. Il reste à savoir si ce fameux plan d’action sera effectivement élaboré par des participants, dont les relations entre leurs pays connaissent des détériorations d’ordre politico-stratégique. Une situation devant laquelle, même une noble cause comme la lutte contre la pauvreté, ne ferait certainement pas le poids.

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