Claude Guéant, une promotion ministérielle comme sanction

Claude Guéant, une promotion ministérielle comme sanction

Il y a certainement un homme que ce tourbillon sur la rumeur des infidélités du couple Sarkozy ne va pas laisser indemne. C’est Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée. C’est sous son autorité, lors des fameuses réunions matinales à l’Elysée de l’équipe stratégique de Nicolas Sarkozy qu’a été conçue la fameuse contre-offensive pour attaquer les disséminateurs de la rumeur. Le lexique ou éléments de langage de «complot», «machination internationale» ourdie par «des mouvements financiers» occultes, a été conçu sous son autorité avant d’être semé dans la presse et de provoquer le branle-bas de combat qui avait suivi. Gros malaise à l’UMP, le parti du président. Une presse  choquée par de tels développements et une opposition qui boit du petit lait en observant cette décadence organisée. Dans tous les cas de figure, Claude Guéant sort perdant de cette séquence. Ou il avait volontairement initié ce combat et donc le désaveu que lui ont porté Carla et Nicolas Sarkozy le touche de plein fouet. Ou il avait été dépassé par la passion militante de son cabinet et donc le grand ordonnateur de la Maison Sarkozy ne contrôle pas grand-chose quand il s’agit d’éviter à son patron de sombrer dans une affaire aussi scabreuse que celle de la gestion d’une rumeur sur la vie conjugale du couple présidentiel. Dans cette affaire, Claude Guéant ne s’est pas contenté de rester dans l’ombre. N’a-t-il pas personnellement téléphoné au «Canard Enchaîné» pour lui faire savoir que Rachida Dati, accusée de colporter ces rumeurs, n’était plus la bienvenue à l’Elysée et que Nicolas Sarkozy ne voulait plus la voir, même en peinture ? Accréditant par la même occasion la thèse d’un complot international qui repose sur une active cinquième colonne. Il s’est royalement fait remarquer en se ravisant avec cette phrase qui va rester dans les annales des chefs-d’œuvre du cynisme : «La vérité d’hier n’est peut-être pas celle d’aujourd’hui». Dans l’architecture de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant occupe une place à part. Plus important qu’un Premier ministre, on l’appelle d’ailleurs «le vice-président», plus puissant qu’un ministre des Affaires étrangères, c’est lui que Nicolas Sarkozy dépêche pour des missions internationales de grande sensibilité, il a acquis au fil de l’exercice du pouvoir une importance cardinale. Depuis le début de son quinquennat, l’affaiblissement de son Premier ministre s’est fait au profit de son secrétaire général qui a hérité de la tâche d’engueuler et de recadrer les ministres récalcitrants, quand parfois et sur de nombreux sujets, il ne se paie pas le luxe, sur ordre présidentiel, de recadrer le Premier ministre lui-même. Et quand Carla Bruni se permet cette sortie: «Les gens autour de mon mari sont des branquignoles», les oreilles de Claude Géant ont dû siffler de douleur. Privé de sa réunion quotidienne à l’Elysée où il déployait son magistère, Claude Guéant semble entré dans une phase de reprise en main. La rumeur publique dit qu’il sera sanctionné comme ses prédécesseurs, Michel Jobert sous Pompidou, Pierre Bérégovoy sous Mitterrand ou Dominique de Villepin sous Chirac, en devenant ministre lors du prochain remaniement prévu après la reforme estivale des retraites.

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