Combats à Beit Lahm, le CICR à Jénine

Un Palestinien et deux soldats israéliens ont été blessés lundi lors de nouveaux échanges de tirs dans le secteur de la basilique de la Nativité à Beit Lahm. Un palestinien retranché dans l’église a tout d’abord été blessé par une balle tirée par un tireur embusqué israélien. Raed Ubyat, 25 ans, a été touché à la jambe par ce tir, a indiqué le gouverneur de la ville, Mohammed Al Madani, lui aussi retranché à la basilique.
Il a également indiqué qu’un autre Palestinien, blessé au ventre par balle,s il y a une semaine, se trouvait dans un état très grave. «Il a besoin de soins urgents, faute de quoi il va mourir », a ajouté le gouverneur tandis que le médiateur Salah Al-Taamari, tentait de négocier son évacuation, mais sans résultat pour le moment.
Un porte-parole militaire israélien a pour sa part rapporté que deux militaires avaient été légèrement blessés par des tirs provenant de la basilique. Dans la région de Beit Lahm, deux Palestiniens, dont une femme ont par ailleurs été tués lundi par des tirs de soldats israéliens, dans deux affrontements séparés. Dans le village de Doha, Rana Saadi Al Karaji, 24 ans, a été tuée par des soldats israéliens alors qu’elle tentait d’entrer dans un bâtiment évacué par l’armée. Plus à l’Est, dans le village de Labdia, Mohammed Abou Maharib, 29 ans, a été tué par des soldats qui effectuaient des perquisitions dans cette localité.
Dans le camp dévasté de Jénine, un premier groupe du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été autorisé lundi à entrer dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine pour établir le nombre de morts et aider les blessés. Selon Jessica Barry, membre du CICR, trois équipes, dont des Palestiniens, ont été escortées lundi matin par l’armée israélienne dans le camp et une délégation du Croissant-rouge a déjà commencé à collecter les corps des morts. Cette arrivée tant attendue des ambulances est d’ailleurs une des conséquences de la décision prise la veille par la Cour suprême d’Israël, demandant à la Croix-rouge de contrôler la collecte des corps et leur identification par les familles.
Un premier groupe de journalistes avait déjà été autorisé à se rendre dimanche à la limite du camp de réfugiés de Jénine (Cisjordanie), sous étroite surveillance militaire israélienne. Pendant cette brève visite, ils ont seulement pu voir le cadavre d’un Palestinien barbu, de forte carrure, en treillis maculé de terre, un oeil arraché par une balle, et des tas de débris dans la place centrale du camp dévastée. Esquivant des questions sur l’ampleur des destructions, un officier a nié les accusations de démolitions – comme à Naplouse – de maisons au bulldozer. «Nous n’avons jamais détruit de maison au bulldozer en sachant que des civils étaient à l’intérieur, mais uniquement lorsque les tirs continuaient malgré nos appels répétés à la reddition», a assuré le lieutenant Yoni Wolff…
Un journaliste français, du quotidien l’Humanité, déjouant la surveillance de l’armée, a cependant pu passer 48 heures avec une famille palestinienne dans le centre du camp. Pierre Barbancey en a rapporté plusieurs témoignages. Certains affirment que l’armée a enterré et recouvert de béton des cadavres dans un trou creusé sur la place centrale du camp.
Le journaliste a aussi indiqué que « selon plusieurs témoignages, des cadavres ont été jetés dans un trou creusé sur la place Hawashin et ensuite recouverts. Depuis, a-t-il dit, tous les morceaux de béton des maisons détruites sont mis dessus par l’armée israélienne ».

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