Compromis en vue sur l’Irak

Washington, sous la pression internationale, notamment celle des membres permanents du Conseil de sécurité (France, Russie, Chine) qui ont le droit de veto), a assoupli sa position sur le recours à une frappe contre l’Irak.
Il vient enfin d’admettre le principe d’une approche en deux temps : une résolution énumérant dans les détails les conditions du désarmement de l’Irak, puis en cas de mauvaise foi, l’examen d’un éventuel recours à la force.
«Si l’Irak refusait de se conformer de manière répétée et continue aux injonctions de l’ONU, je pense que nous attendrions du Conseil de Sécurité qu’il traite ce problème», a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Richard Boucher. Le chef des inspecteurs en désarmement de l’ONU, Hans Blix, «pourrait faire un rapport au Conseil, et ce dernier, nous l’espérions, tenterait alors de régler le problème» a-t-il affirmé, joutant que Washington attendait du Conseil qu’il «agisse».
Cette prise de position est la plus claire indication sur l’évolution de la position américaine concernant l’acceptation d’une démarche en deux temps vis-à-vis de l’Irak avant le recours à la force, comme l’exige la France, notamment. La Russie est également partie-prenante de cette démarche. Igor Ivanov, ministre russe des Affaires étrangères a répété à son homologue américain Colin Powell «la position de principe de la Russie en faveur d’un règlement politique-diplomatique de la question de l’Irak», selon le communiqué ministériel. Reste maintenant à finaliser cette démarche à travers une nouvelle résolution : un compromis entre Washington et Paris semble se dessiner. «Le retour du ministre français des Affaires étrangères à Paris, venant de Beyrouth où il participait au sommet de la Francophonie, est un signe qui pourrait présager la conclusion imminente d’un accord», a-t-on estimé de source diplomatique occidentale. Une réunion des cinq membres permanents du Conseil de sécurité a été annulée vendredi à la demande la France qui a demandé d’étudier le nouveau projet de résolution américain.
Les articles amendés par Washington par rapport à sa première mouture menacent l’Irak de «graves conséquences» en cas de non-respect des textes onusiens tout en précisant que l’action militaire devrait passer par les rapports des inspecteurs rus de l’ONU. C’est nouveau, car le premier texte permettait à tout pays membre de l’ONU de recourir à «tous les moyens nécessaires» dès qu’une infraction aurait été constatée. Ce nouveau projet a été salué par la Ligue arabe, même si les Etats-Unis continuent de proclamer qu’ils se réservent le droit d’utiliser la force contre Saddam Hussein même sans l’aval de l’ONU.
L’Irak, dans un geste de bonne volonté poursuit la restitution au Koweït de ses archives nationales volées lors de l’invasion de l’émirat d’août 1990 à février 1991. Ce geste reflète la volonté de Baghdad de normaliser ses rapports avec l’Etat voisin, engagement pris lors du dernier sommet arabe tenu à Beyrouth au mois de mars, a souligné Ghassan Hussein, directeur au ministère des Affaires étrangères et chef de la délégation irakienne chargée de restituer ces documents.

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