Concessions mutuelles au P.O.

Mahmoud Abbas devait quitter dimanche Ramallah pour rejoindre la capitale jordanienne avant de se rendre en Egypte. Au premier plan des pourparlers de paix, le Premier ministre palestinien doit participer aux deux rencontres présidées par George W. Bush, en présence de plusieurs dirigeants arabes. Son gouvernement a parallèlement poursuivi les négociations avec les groupes armés palestiniens dans l’espoir d’obtenir un accord de cessez-le-feu. Jeudi dernier, dans les colonnes du Yédiot Aharonot, Abou Mazen avait laissé entendre qu’une telle trêve, qui entre dans le cadre de l’application de la feuille de route, pourrait aboutir cette semaine. A l’issue d’une réunion samedi à Ramallah, le cabinet palestinien a encore affirmé s’attendre à une réponse dans «les prochains jours» des mouvements armés, notamment le Hamas, qui avait réclamé vendredi un «arrêt de l’agression» israélienne avant de s’engager. En vue de la reprise du dialogue entre les deux camps, Tel-Aviv a déjà levé le bouclage des territoires palestiniens dans la nuit de samedi à dimanche, permettant ainsi à 25.000 ouvriers palestiniens de revenir travailler en Israël. Cette décision fait suite à la seconde rencontre entre Ariel Sharon et Mahmoud Abbas, jeudi soir. A l’issue de ce tête-à-tête, d’autres mesures «d’allègement» avaient été promises, notamment la libération de plusieurs responsables palestiniens.
Reste aux deux parties de concrétiser ces premières initiatives afin de permettre l’application du plan de paix international, et ce malgré les nombreuses réserves émises par le cabinet israélien. Al Aqaba, plus encore qu’à Charm el-Cheikh, ces «remarques» devraient être largement discutées lors des entretiens séparés, puis tripartites, qu’aura le président américain avec Ariel Sharon et Abou Mazen. Les deux hommes avaient déjà convenu jeudi dernier de présenter une déclaration commune, sur laquelle leurs délégations travaillaient dimanche, à l’issue du sommet jordanien, placé sous l’égide du Roi Abdallah II. Cette rencontre débouchera-t-elle sur des avancées notoires et sur la mise en marche officielle de la feuille de route ? L’arrêt des violences, le gel de la colonisation et le retrait des troupes israéliennes des territoires palestiniens font figure de préalables aux deux autres étapes censées aboutir à la création d’un Etat palestinien d’ici à 2005. De ce plan élaboré par les Etats-Unis, l’Union européenne, la Russie et l’ONU, il sera déjà question mardi lors à Charm Al-Cheikh. Le président Bush doit y rencontrer plusieurs dirigeants arabes conviés par l’hôte de l’événement, le président égyptien Hosni Moubarak. Si, selon l’AFP, S.M. le Roi Mohammed VI n’y participera pas «pour des raisons de calendrier», le Maroc devrait être représenté.
Les dirigeants d’Arabie Saoudite, de Jordanie et de Bahreïn, y sont également attendus. Ecarté de la scène diplomatique, le président Arafat a quant à lui appelé dimanche George W. Bush à «continuer le message entamé par (son) père lors de la conférence de paix de Madrid (1991) en instaurant un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale».

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