Confusion sur le sort de Margaret Hassan

Le corps d’une femme a été retrouvé sans bras ni jambes, la gorge tranchée, dimanche dans une rue de Falloujah, où les forces américaines et irakiennes avaient lancé une grande opération dans cette enclave hautement suspectée comme étant utilisée par des preneurs d’otages. « Le corps retrouvé à Falloujah semble être celui de Margaret et la vidéo de l’exécution d’une Occidentale semble, selon toutes les informations disponibles, être authentique », a déclaré John Howard devant le Parlement. Ce dernier a même adressé ses condoléances à la famille de la victime pour un assassinat qu’il a qualifié de « méprisable ».
La famille de Margaret Hassan, estime de son côté que la responsable en Irak de l’organisation humanitaire a probablement été exécutée par ses ravisseurs.
Mais ni le Premier ministre australien ni son cabinet, n’ont fourni d’autres précisions ou déclarations à ce sujet. Plus encore, interrogé ensuite par des journalistes sur ses déclarations, il a fait marche arrière sur l’identification du corps, tout en soulignant qu’on pensait généralement que Mme Hassan était morte. « Ce que je voulais dire est que cela est accepté par le gouvernement britannique, le gouvernement irlandais et la famille, en particulier le mari qui a lancé un appel très émouvant pour que le corps soit rendu », a-t-il dit, sans pour autant expliquer l’origine de la confusion.
Mais c’est d’abord la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera qui a fait état, mardi, d’une vidéo qu’elle avait reçu semblant montrer la mise à mort de l’otage britannique dont les yeux étaient bandés, d’une balle dans la tête, tirée par un homme masqué. Si l’information n’a pas été confirmée officiellement, le chef de la diplomatie anglaise, Jack Straw, a tout de même déclaré que la responsable humanitaire avait « probablement été assassinée ». Même les Etats-unis semblent convaincus de la mort de l’otage britannique.
L’Administration américaine a exprimé mercredi sa sympathie à la famille de Margaret Hassan. « Nous exprimons notre plus profonde sympathie à la famille de Margaret Hassan, qui a été tuée en Irak », a fait savoir la Maison-Blanche dans un communiqué. « Nous condamnons fermement l’enlèvement et le meurtre de cette importante travailleuse humanitaire ». « Sa mort est une énorme perte pour le peuple irakien et le monde. Nos condoléances vont à son mari, Tahseen Hassan, sa famille et ses amis dans le monde entier », a ajouté la présidence américaine Margaret Hassan, cette femme de 59 ans, qui dirigeait l’organisation humanitaire non gouvernementale CARE International en Irak, a été enlevée de sa voiture le 19 octobre à Bagdad. Elle avait les nationalités irlandaise, britannique et irakienne. Il convient de signaler qu’aucun groupe de ceux qui sévissent en Irak n’a revendiqué ce rapt. Cette exécution brutale a ranimé les craintes en France pour la vie des deux journalistes français enlevés depuis le mois août dernier. Une crainte partiellement dissipée suite aux déclarations, mercredi soir, du ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier. Selon ce dernier, les deux journalistes français, retenus comme otages en Irak depuis 91 jours, auraient été déplacés de la zone «dangereuse» où se déroulent des combats, et leur vie n’est «pas en cause», a déclaré mercredi soir le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier.
« L’indication que nous avons, que nous pensons juste, est qu’ils ont pu être déplacés d’une zone de combats, dangereuse, vers d’autres zones. Je ne peux pas dire plus que cela », a indiqué M. Barnier. Ce qui est certain en tout cas, c’est que personne n’est à l’abri dans le bourbier irakien. Plus de 60 policiers irakiens ont été enlevés dimanche près de la frontière jordanienne par un groupe d’une vingtaine d’hommes armés, a affirmé mercredi l’un des trois policiers du groupe ayant réussi à s’échapper et à gagner Karbala, au sud de Bagdad. Les assaillants ont mis des sacs sur la tête des policiers, leur ont lié les mains et les ont emmenés, a poursuivi le policier rescapé. Le 16 octobre, neuf policiers avaient été tués à leur retour de Jordanie, dans une attaque dans la zone rebelle de Latifiyah, au sud de Bagdad. Si des dizaines de policiers se font enlever aussi facilement d’un seul coup, que dire des représentants d’ONG ou de médias?

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