Corse : la SNCM vers le dépôt de bilan

Corse : la SNCM vers le dépôt de bilan

Après trois semaines de conflit, la crise de la Société nationale de transport maritime, Corse-Méditerranée SNCM, demeure dans l’impasse totale. Le dialogue des sourds entre syndicats et gouvernement français risque de déboucher sur une situation radicale, en l’occurrence le dépôt de bilan. Agitée au début comme un chiffon rouge devant les salariés, cette perspective devient de plus en plus probable. En fait, selon la presse de l’hexagone, cette solution n’arrange personne. C’est d’ailleurs l’un des pire scénarios pour le Premier ministre Dominique de Villepin. 
Alors que ce conflit s’enlise et coûte de plus en plus cher à la Corse, ce dernier n’a, aujourd’hui, plus d’autre choix que d’aller jusqu’au bout, quitte à écorner son image de défenseur du modèle social français et sa popularité naissante. Sa cote de confiance a déjà reculé de deux points, à 43%, dans le baromètre mensuel LH2 (ex-Louis Harris) publié mardi dans le quotidien "Libération".
Pour lui, l’heure de vérité a sonné à la SNCM. «Seule la reprise du travail permettra d’éviter le dépôt de bilan et je le dis ici avec gravité, c’est l’heure de vérité pour la SNCM», a-t-il déclaré lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale.  Après le temps du dialogue, c’est maintenant le temps des décisions, a-t-il estimé.
Le PDG de la SNCM a lui aussi brandi la menace d’une cessation de paiement, voire d’une liquidation, de la compagnie maritime publique, sur fond d’épreuve de force avec la CGT, appelée par le gouvernement à reprendre le travail. «Nous nous retrouverons en situation de cessation de paiement d’ici la fin de la semaine. Soit nous arrivons dans les heures qui suivent à reprendre le travail et à avancer dans la mise en oeuvre du projet de reprise, soit nous irons d’une manière inéluctable et mécanique", à un dépôt de bilan, a prévenu le PDG Bruno Vergobbi, à l’issue du comité d’entreprise (CE) de la SNCM en préfecture de région à Marseille.
Le conseil d’administration de l’entreprise a donné mardi son feu vert au plan de sauvetage financier du gouvernement, qui prévoit une privatisation partielle de la Société nationale Corse -Méditerranée.
Aux termes de ce schéma, l’Etat conserverait 25% du capital et les salariés en prendraient 9%. Le solde serait partagé entre le fonds d’investissement Butler Capital Partners (38%) et la Connex, filiale de Veolia Environnement (28%).
«Nous sommes face à une alternative simple et cruciale pour l’avenir de l’entreprise : soit on reprend les activités dans le cadre du projet de capitalisation, soit on va au dépôt de bilan», a estimé Bruno Vergobbi.
Un dépôt de bilan pourrait, selon lui, "rapidement conduire à la liquidation de la compagnie, ce serait alors 2.400 lettres de licenciement pour les salariés" en grève depuis trois semaines pour protester contre la privatisation de leur compagnie.
Le CE, consacré à "l’état de la trésorerie" et à une information sur le projet de recapitalisation, ne s’est tenu qu’en présence d’officiers de la compagnie et de syndicalistes FO. La CGT, majoritaire au sein des salariés de la compagnie, a refusé d’y participer, ce CE ayant été prévu initialement au siège de la SNCM dans la matinée.
La CGT se retrouve cependant un peu plus isolée : après les syndicats d’officiers et FO lundi, la CGE-CGC a appelé à son tour mardi à la suspension de la grève.
Le secrétaire général CGT du CE, Bernard Marty, s’est cependant rendu en préfecture pour demander au préfet de région Christian Frémont "la reprise immédiate des négociations. On ne peut pas rester en l’état. Le préfet a l’obligation de créer les conditions pour que l’Etat vienne se rasseoir à la table", a-t-il dit.
La CGT confédérale a accusé de son côté le gouvernement d’être "arc-bouté sur son seul projet de privatisation" de la SNCM, dressant le "constat évident" après la journée de mobilisation du 4 octobre qu’il "refuse de négocier" avec les syndicats.

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