Côte d’Ivoire : Les négociations dans l’impasse

«Nous ne mettrons plus un pied à Lomé, sauf si on accepte que nous puissions discuter de tous les problèmes, sans tabou», a déclaré mardi Guillaume Soro, secrétaire général du MPCI. Déjà repoussées lundi, les discussions entre les délégations du président Laurent Gbagbo et des militaires insurgés ont donc été reportées sine die. Au coeur du conflit : les thèmes à l’ordre du jour des pourparlers.
Les rebelles souhaitent que l’idée d’organiser des élections soit abordée tandis que les envoyés du chef d’Etat veulent faire du désarmement de leurs adversaires un préalable. Après quatre jours de tractations dans la capitale togolaise, sous l’égide du président Gnassingbé Eyadéma et de la CEDEAO, les deux parties étaient pourtant retournées, ce week-end, en Côte d’Ivoire avec quelques progrès à leur actif, notamment l’amnistie pour les soldats accusés de complot contre l’Etat et le retour des exilés. Or, dès dimanche, le chef des négociateurs rebelles, Guillaume Soro, avait répété devant une foule venue le soutenir à Bouaké que «les mutins n’accepteraient jamais d’être désarmés et confinés dans les casernes».
Le porte-parole du président Gbagbo, Toussaint Alain, avait alors estimé que ces propos donnaient «une nouvelle preuve » que les rebelles étaient «contre la paix». Il les avait aussi appelés à ne pas «céder à la nervosité et à la pression exercée par leurs commanditaires tapis dans l’ombre». Nouvelle accusation contre les pays voisins, notamment le Burkina Faso, soupçonné d’avoir fomenté le soulèvement du 19 septembre ?
Depuis cette date, la Côte d’Ivoire reste de facto coupée en deux. Les rebelles basés à Bouaké et Korhogo tiennent en effet toujours le Nord et ont reçu le soutien d’une partie de la population, issue des mêmes tribus qu’eux et majoritairement musulmane.
Le Sud, lui, animiste et chrétien, est par contre resté hostile à ce soulèvement, surtout à Abidjan, la capitale économique, lieu de nombreuses manifestations et violences contre les étrangers.

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