Débat tendu entre les pays de l’OTAN

Les ministres de la Défense des 26 pays de l’Otan se retrouvaient jeudi à Vilnius pour une réunion centrée sur le partage de l’effort de guerre en Afghanistan, dans une atmosphère de dramatisation assez inhabituelle entre les Etats-Unis et l’Allemagne.
Les Etats-Unis veulent obtenir de leurs alliés européens, notamment l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie, qu’ils s’engagent davantage aux côtés des principaux pays comme le Royaume Uni, les Pays-Bas et le Canada qui se battent quotidiennement contre les talibans dans le sud afghan.
Mercredi, à la veille de cette réunion informelle de deux jours à Vilnius, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a donné le ton lors d’une audition parlementaire à Washington. «Je crains beaucoup que l’Alliance devienne une alliance à deux vitesses, dans laquelle certains alliés sont prêts à se battre et mourir pour assurer la sécurité des gens, et d’autres qui ne le sont pas», a-t-il dit.
Les Pays-Bas et le Canada ont indiqué qu’ils ne pourraient maintenir leurs contingents aussi exposés dans le sud si les autres pays ne venaient pas alléger leur fardeau.  Hôte de la réunion, le ministre lituanien Juozas Olekas, dont le pays déploie aussi des forces spéciales dans le sud, a dit «espérer que plus de pays se joindront à nous dans le sud, qui est la zone la plus dangereuse». Avec une synchronisation parfaite, les chefs des diplomaties américaine Condoleezza Rice et britannique David Miliband ont effectué jeudi une visite surprise à la base aérienne de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, foyer historique de l’insurrection des talibans.  Rice a déclaré être venue à Kandahar parce «qu’il est normal de sortir de Kaboul» et de voir une zone où les forces de plusieurs pays font un «bon travail, en particulier dans la reconstruction».
Mais Berlin dont les 3.200 soldats sont stationnés dans le nord de l’Afghanistan a jusqu’à présent refusé obstinément de les expédier dans le sud, invoquant le mandat limité accordé par les députés du Bundestag.
Paris, qui a 1.600 soldats, concentrés sur Kaboul, a une attitude plus nuancée, trois chasseurs-bombardiers français basés à Kandahar participant déjà aux opérations de bombardement, alors que six Tornado allemands ne sont utilisés que pour des vols de reconnaissance._La France laisse entendre qu’elle pourrait augmenter ses efforts mais la réponse ne sera donnée que par le président Nicolas Sarkozy, lors du sommet de l’Otan, prévu du 2 au 4 avril à Bucarest, selon un diplomate.

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