Démission du commmandant US en Irak et en Afghanistan

Cette démission a immédiatement suscité de nombreuses réactions, notamment de la part des démocrates du Congrès, qui ont laissé entendre que son franc-parler avait pu lui coûter son poste.
Le secrétaire à la Défense Robert Gates a annoncé avoir accepté cette démission «avec réticence et regret», lors d’une conférence de presse surprise au Pentagone. La démission de l’amiral Fallon intervient quelques jours après la parution d’un article dans le magazine Esquire, affirmant qu’il était en désaccord avec les positions belligérantes de l’administration Bush sur l’Iran.
L’amiral Fallon justifie son départ dans un communiqué en soulignant que «de récents articles de presse suggérant une différence entre mes opinions et les objectifs de la politique menée par le président ont provoqué de la distraction à un moment critique, et ont freiné les efforts du commandement dans la région». «Je ne crois pas qu’il y ait de différences significatives entre ses vues et celles de l’administration», a commenté M. Gates.
Interrogé sur l’affirmation d’Esquire selon laquelle un départ de Fallon signifierait que Washington se prépare à déclarer la guerre à l’Iran, M. Gates a rétorqué : «c’est tout simplement ridicule».
L’amiral Fallon, qui quitte les forces armées américaines après 42 ans de service, «sera difficile à remplacer, il est extrêmement talentueux et possède une vision stratégique rare», a-t-il jugé, mais le bruit que provoque cette affaire «justifie cette décision», qu’il a prise «de lui-même». L’amiral Fallon sera remplacé à partir du 31 mars par le général Martin Dempsey, vice-commandant des opérations militaires au Moyen-Orient. Dans un communiqué qui ne dit rien sur les raisons de la démission de l’amiral Fallon, le président George W. Bush a également rendu hommage à un homme qui «a servi le pays avec honneur, détermination et dévouement» pendant 40 ans et auquel revient un «crédit considérable pour les progrès» accomplis en Irak et en Afghanistan.  Le candidat républicain à la présidentielle de novembre, John McCain, lui a rendu hommage dans un communiqué, soulignant que sous son commandement, «la situation en Irak s’est améliorée de façon spectaculaire». Côté démocrate, les hommages tout aussi vifs envers l’amiral Fallon ont été accompagnés d’une critique mordante de l’administration Bush. Hillary Clinton a souligné dans un communiqué que «l’amiral Fallon représentait la voix de la raison au sein d’une administration qui a utilisé une rhétorique provocatrice vis-à-vis de l’Iran», ajoutant espérer que son successeur partagera le point de vue de l’amiral «d’une politique équilibrée envers l’Iran».

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