Démocratie des deux côtés

Démocratie des deux côtés

Le quotidien Yediot Aharonot a consacré, vendredi dernier, toute sa première page à la situation du Mossad (Services des renseignements extérieurs israéliens). Selon un de ses analystes, le chef du Mossad, le général en retraite, Meir Dagan, avait été nommé, il y a plus de trois ans, à ce poste, fondamental pour les Israéliens, pour rénover cette institution. Il était chargé de relever tous les problèmes pour «créer un nouveau Mossad».
Ronen Bergman va jusqu’à l’accuser d’avoir entraîné ses services dans une impasse, en brisant les relations avec «tout le monde des renseignements» civils et militaires. Le cabinet personnel du Président du Conseil, Ariel Sharon, considère que ce conflit est profond, et qu’il habite le Mossad tout le long de ces trois dernières années. Avec Meir Dagan, les services de renseignements extérieurs souffrent de difficultés qu’il n’a pas su résoudre. Dans les prochaines semaines, on pense que l’état-major supérieur du Mossad sera remplacé, pour la deuxième fois depuis l’arrivée du général Dagan à son poste.
La première fois, ce fut le renvoi de l’adjoint-chef du Mossad et, avec lui, pratiquement tous les chefs des services, avec une grande partie de leurs adjoints. Au Mossad, on dit: «cette fois aussi, il n’y a aucun espoir d’initiative d’organisation et de programmation de la part du responsable supérieur». Il prépare  au contraire, à nouveau, de grands départs importants de ceux qui manquent de confiance en leur chef, souligne Ronen Bergman.
Dans des entretiens confidentiels avec des personnalités, en dehors du Mossad, il est confirmé que des responsables des services de l’institution des Renseignements extérieurs d’Israël, -dont la réputation reste mondialement reconnue-, n’avaient aucune confiance en Meir Dagan. Celui-ci a essayé de faire venir à la tête de ses services des officiers supérieurs de l’armée israélienne, Tsahal, ayant une expérience du renseignement (Modiin).
Même cet essai aura échoué car les officiers supérieurs sollicités «n’ont pas voulu entrer dans le lit d’un malade». Le journal populaire va encore plus loin. Il précise qu’il y a un mois le responsable, dit des «Kiboutsnikim» a décIaré, avec colère, qu’il démissionnait de ses fonctions, dans trois organisations. Et parmi elles, celle des combattants déçus parmi les plus anciens du Mossad. D’autre part, le commandant des services d’interventions spéciales a démissionné, après que Meir Dagan n’ait pas rempli les engagements pris à leur égard.
Les dirigeants de ces deux groupes ont émis des critiques graves contre Dagan, l’accusant de mener ses services dans une impasse. Et, surtout de briser les relations avec les autres confrères de la «société du Renseignement». En particulier avec le «Shabak et Aman» (services de la sécurité militaire) qui ne s’adressent plus au Mossad…
En dernier lieu, ajoute encore Ronen Bergman, Ariel Sharon, appelé «le bulldozer», a demandé aux membres du groupe des «Kiboutsnikim» de rester en poste. Mais cette demande n’a pas été acceptée et ils ont abandonné le Mossad. En attendant, pour le moins, Ariel Sharon a nommé un de ses proches pour commander le «Kechet» (la flèche) et la section des «opérations faciles». A présent, la position de ce nouveau commandant est considérée comme très «fracassante».
Il y a deux semaines, le chef de la section «Tevet», chargé des relations avec l’étranger, a déclaré, lui aussi, qu’il démissionnait de son poste, toujours par manque de confiance en son patron. Après lui, ont démissionné le responsable des «relations humaines», ainsi que le commandant de la section «Kissaria» qui venaient d’achever leur période de service. La liste des démissions et des départs a obligé Meir Dagan de déclarer des nominations en dehors de tout programme. Il se contentait de nommer les uns ou les autres, à des responsabilités qui leur étaient étrangères et en dégarnissant des sections avant de leur avoir trouvé de nouveaux responsables. Ainsi, il aura, à nouveau créé un manque de confiance dans sa distribution de commandements dans les différents services du Mossad. Il ne lui restera plus qu’à trouver de nouveaux officiers supérieurs, avant que le Président du Conseil, dont il dépend, ne les lui impose à nouveau…
Dans la même presse, les grands quotidiens du vendredi, Haaretz et Yediot Aharonot, reviennent sur la décision de l’Assemblée palestinienne de renvoyer le Premier ministre Ahmed Qoreï. Ils indiquent, «la commission du Parlement palestinien, a rédigé un rapport demandant, également, la révocation de Commandants des services de sécurité palestiniens». La commission qui a examiné la situation de défense des territoires dépendant de l’Autorité palestinienne, ces derniers mois, a conclu: «Le gouvernement de Ahmed Qoreï (Abou Ala), n’a pas essayé d’imposer l’ordre dans la Bande de Gaza, voire même de réaliser des réformes de ses moyens de combattre».
Ainsi a conclu la commission spéciale après l’examen «d’une situation de manque de sécurité, de désordre et de détention d’armes», comme l’indique le président de la commission juridique du Parlement palestinien, Hassan Haraïcha. Le rapport ajoute:« Il apparaît que le gouvernement n’a pas du tout, contrôlé la situation de sécurité. Abou Ala n’a pas exigé du ministre de l’Intérieur, Nasser Yossef, de lui fournir un rapport de ses efforts d’établir la sécurité.
La commission a, également, conclu que malgré l’ordre public sous la responsabilité de l’Autorité palestinienne et dans l’exercice des devoirs du gouvernement, -qui doit cesser ses fonctions, la semaine prochaine, celui-ci n’a rien fait dans le domaine de la sécurité contre les factions armées. Il s’agit là « d’un échec évident. dans la mise en place des réformes prévues. Il y a un défaut dans les obligations d’Abou Ala qui, d’autre part, n’a pas agi contre la corruption». En conséquence, la commission parlementaire a demandé, en premier lieu, de mettre fin à l’existence du gouvernement d’Abou Ala. Cette conclusion a été adoptée par une grande majorité du Parlement palestinien, le vendredi 7 octobre dernier. Il s’agit là d’une réelle démocratie parlementaire, que Mahmoud Abbas a su faire respecter…

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