Des critiques sans plus

Alors qu’Israël présentait une nouvelle fois ses excuses et que les Palestiniens demandaient que les responsables soient jugés pour crimes de guerre, tous les membres du Conseil ont dit que le raid -qui avait pour but de supprimer le chef de la branche militaire du Hamas, Salah Chéhada et qui a fait plus de 15 morts et 145 blessés – était inacceptable et risquait de réduire à néant les efforts de paix.
L’Arabie Saoudite, qui assure actuellement la présidence du Groupe arabe aux Nations Unies, a demandé au Conseil de sécurité de condamner le raid et d’adopter une résolution exigeant le «retrait des forces d’occupation israéliennes des villes palestiniennes». Des responsables américains ont dit que Washington, principal allié d’Israël, s’opposerait au projet de résolution s’il était soumis au vote. Mais, selon des diplomates occidentaux, des modifications du projet pourraient déboucher sur un vote positif avant la fin de la semaine.
Pour sa part, Nasser Al-Kidwa, l’observateur palestinien aux Nations Unies, a souligné que le monde devait faire cesser les actions israéliennes, que ce soit sur le sol, ou par des moyens politiques ou devant les tribunaux. Il a ajouté que le raid de Tsahal constituait le «premier crime de guerre manifeste» depuis l’entrée en vigueur de la Cour pénale internationale (CPI) le 1er juillet et que les actes du Premier ministre israélien Ariel Sharon et de «ses lieutenants» relevaient de la compétence de la Cour.
Un certain nombre de juristes estiment toutefois qu’un dirigeant israélien n’est pas jugeable par la CPI en l’état actuel des textes. En réponse, l’ambassadeur adjoint d’Israël à l’Onu, Aaron Jacob, a fait part de son «grand regret -onze enfants ont péri dans le raid – tout en soulignant que l’action avait été précipitée par l’inaptitude de l’Autorité palestinienne à faire cesser les activités de Salah Chéhada.
De son côté, l’ambassadeur américain John Negroponte, a affirmé que les résolutions déjà adoptées par le Conseil de sécurité forment «une base plus qu’adaptée pour parvenir à une solution de la question du Proche-Orient». Pour lui, le monde devrait faire porter son attention sur des «efforts diplomatiques constructifs». Israël s’est engagée à enquêter sur le raid. «Nous allons enquêter très clairement sur ce qui n’a pas marché et en tirerons toutes les conclusions», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Shimon Peres, qui s’est dit prêt à poursuivre les discussions avec les Palestiniens modérés pour faciliter la vie des 700.000 Palestiniens soumis au couvre-feu en Cisjordanie. Et à ce propos, experts indépendants et responsables palestiniens sonnent l’alarme: près de quatre mois de réoccupations israéliennes des territoires autonomes en Cisjordanie ont laissé exsangue une économie palestinienne déjà asphyxiée.
Les couvre-feux à répétition, le chômage et les restrictions à la circulation des biens et des personnes, corollaires de l’occupation militaire des principales villes de Cisjordanie, ont plongé une bonne partie de la population dans la pauvreté, soutient un expert, Moustapha Barghouthi. Pas moins de 75% de la population palestinienne vit aujourd’hui sous le seuil de la pauvreté, a affirmé M. Barghouthi, qui dirige une fédération d’ONG médicales. «Ces Palestiniens survivent avec 2 dollars par jour alors que le seuil de pauvreté en Israël a été fixé à 20 dollars par jour», a-t-il affirmé.

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