Des milliers de civils fuient vers le Cameroun

Des milliers d’habitants se sont enfuis vers le Cameroun pour échapper aux combats, a indiqué le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en citant des responsables camerounais. Le pont qui relie la capitale tchadienne à la ville camerounaise de Kousseri a été rouvert dimanche dans la journée, a déclaré à l’AFP la porte-parole du HCR, Hélène Caux, précisant avoir obtenu ces informations du préfet de Kousseri.  L’alliance rebelle qui, partie il y a une semaine du Soudan, a traversé tout le pays d’est en ouest pour attaquer N’Djamena ce week-end, a reconnu s’être retirée mais nié sa défaite. Le ministre des Mines, le général Mahamat Ali Abdallah, commandant des opérations gouvernementales, a assuré de son côté que «l’ennemi (était) complètement en débadade». «Leur but était uniquement la destruction de la ville, ils se retirent parce qu’ils n’ont pas le choix», a-t-il affirmé à l’AFP.  Des experts évoquaient un certain avantage logistique de Deby, qui dispose de munitions dans la capitale et de réserves en carburant à l’aéroport, protégé par le dispositif français Epervier. Les rebelles, eux, ne disposeraient que de bases arrières à plusieurs centaines de kilomètres.
Selon des journalistes de l’AFP dimanche après-midi, aucun rebelle n’était visible dans les quartiers populaires autour du centre-ville, où l’armée était en revanche déployée. Aux abords de la présidence, toujours gardée par des chars, les scènes de destruction sont multiples: vitres brisées, impacts de balles, d’obus ou de roquettes sur les façades, arbres sectionnés et couchés sur les rues, véhicules calcinés. Le grand marché de N’Djamena a été en partie incendié par des tirs de l’armée visant les rebelles, puis pillé par la foule, tout comme le siège de la radio nationale, a rapporté un témoin. Il s’agit de l’attaque la plus grave à laquelle fait face le président Deby depuis son arrivée au pouvoir par les armes, en 1990, en provenance lui aussi du Soudan. Mais le chef de l’Etat a déjà réussi à renverser des situations militaires très difficiles. Le Tchad accuse Khartoum, parrain traditionnel des rebelles tchadiens ces dernières années, d’être l’instigateur de cette offensive. Une autre colonne rebelle a attaqué dimanche la préfecture d’Adré (est), à la frontière soudanaise. L’armée, qui accuse le Soudan d’avoir appuyé cet assaut, a assuré l’avoir repoussé. A New York, le Conseil de sécurité de l’ONU a conclu dimanche des consultations sans parvenir à s’accorder sur un texte et se réunira de nouveau lundi dans ce but, a indiqué son président, Ricardo Alberto Arias (Panama).

• Francesco Fontemaggi (AFP)

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