Deux attentats suicide dans le Sinaï, dont un visant la FMO

Le premier kamikaze s’est fait exploser au passage d’un véhicule transportant un officier de la police égyptienne et deux membres de la FMO, dans la région d’Al-Gora, à 25 km de la bande de Gaza, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur.

"Les vitres du véhicule ont été soufflées", ajoute le texte.

Le porte-parole de la FMO, Ian Baxendell, a affirmé à l’AFP que deux  véhicules de la FMO se rendant de Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza, à Al-Gora, où se trouve la base de la force, avaient été endommagés par  l’explosion.

"Les véhicules devaient être à environ 5 km d’Al-Gora. Il n’y a pas de victimes", a-t-il ajouté, sans pouvoir confirmer la thèse de l’attentat  suicide.

"Nous avons une équipe d’enquêteurs sur place actuellement", a-t-il dit.

Le deuxième kamikaze était à bicyclette et a fait détonner sa charge au passage du véhicule de deux officiers égyptiens qui se rendaient sur les lieux de la première attaque, a précisé le ministère de l’Intérieur.

"Le kamikaze est mort sur le champ, mais l’explosion n’a pas fait de  dégâts", selon le communiqué.

Le gouverneur du nord du Sinaï, Ahmad Abdel Hamid, a déclaré à la télévision publique que les deux attentats avaient eu lieu à une vingtaine de minutes d’intervalle et à une quinzaine de kilomètres de distance l’un de l’autre.

Ces attaques interviennent deux jours après un triple attentat à Dahab,  dans le sud-est du Sinaï, qui a fait 18 morts dont des touristes étrangers et des dizaines de blessés.

Deux militaires canadiennes de la FMO ont été blessées en août 2005 à Al-Gora, dans l’explosion d’une bombe au passage de leur bus, survenue  également après une autre attaque meurtrière dans le Sinaï.

En effet, fin juillet 2005, près de 70 personnes ont été tuées dans des attentats à Charm el-Cheikh, dans le sud de la péninsule.

Dans le même temps, une position de la police à Belbeiss, à 77 km au nord du Caire, a été attaquée par des inconnus, sans qu’il n’y ait de victimes ni de dégâts, selon une source de sécurité et des témoins.

L’attaque a été perpétrée à l’arme automatique, a indiqué la source de sécurité. Mais selon les témoins, il s’agit d’une attaque à la grenade menée par des trafiquants de drogue. Le ministère de l’Intérieur a cependant démenti cet incident.

Des sources de sécurité ont indiqué qu’il pourrait exister un lien entre les attaques de Dahab et celles de Charm el-Cheikh et de Taba (34 morts en octobre 2004), ces deux dernières ayant été imputées par la justice à un groupe islamiste, Al-Tawhid wal Jihad.

Depuis les attentats de Dahab, 30 suspects égyptiens, en majorité des  bédouins du nord du Sinaï, ont été arrêtés, selon des sources de sécurité.

Le quotidien gouvernemental Al-Ahram a affirmé mercredi que les attaques avaient été perpétrées par des kamikazes, une thèse rejetée dans un premier temps par les autorités, qui ont fait état de bombes actionnées à distance.

Les attentats de Dahab ont été perpétrés à la veille de l’anniversaire du retrait d’Israël du Sinaï, en avril 1982, et au lendemain de la diffusion d’un enregistrement audio attribué au chef du réseau terroriste Al-Qaïda, Oussama ben Laden, dans lequel il fustige la "guerre des croisés contre les musulmans".

La FMO est une mission de paix non onusienne déployée dans le Sinaï depuis le retrait israélien de la péninsule. Onze pays y participent, sous direction américaine.

Elle est chargée de surveiller l’application des accords égypto-israéliens  limitant les effectifs militaires, les armements et les bases dans le Sinaï égyptien, ainsi qu’en Israël.

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