Deux Serbes accusés d’avoir assassiné 150 musulmans

Deux Serbes accusés d’avoir assassiné 150 musulmans

Milan Lukic, 40 ans, et Sredoje Lukic, 47 ans, étaient respectivement chef fondateur et membre des «Aigles blancs» ou «Vengeurs», un groupe de paramilitaires serbes bosniaques de Visegrad (sud-est de la Bosnie).
Les Aigles blancs «travaillaient avec la police locale et des unités militaires afin de faire régner la terreur sur la population musulmane locale pendant le conflit de 1992 à 1995», indique le TPI. Selon le procureur, ils sont responsables de la mort de près de 150 civils et du passage à tabac de nombreux prisonniers. Les deux accusés ont plaidé non coupable. Le procureur les accuse de 21 chefs de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment pour le meurtre, le mauvais traitement, des persécutions sur des bases politiques, raciales et religieuses et l’extermination de Musulmans, commis entre juin 1992 et octobre 1994. L’acte d’accusation décrit comment, le 14 juin 1992, les deux accusés et un acolyte ont enfermé 70 Musulmans – des femmes, des enfants et des personnes âgées – dans une maison du quartier Mahala à Visegrad, puis les ont dépouillé de leurs biens avant de mettre feu au bâtiment. Les deux accusés, postés aux abords de la maison, ont ensuite ouvert le feu avec leurs armes automatiques sur ceux qui tentaient de fuir par les fenêtres. Au total, 70 personnes sont mortes et de nombreux autres ont été blessées, selon le procureur. Une dizaine de jours plus tard, environ 70 Musulmans de Bosnie ont été enfermés dans une autre maison, à Bikavac (environs de Visegrad).
Une fois les sorties condamnées, les deux cousins ont lancé plusieurs explosifs à l’intérieur.
«Le feu a rapidement pris possession de la maison, causant ainsi la mort de toutes les personnes à l’intérieur de la maison à l’exception d’un survivant», précise l’acte d’accusation. Au camp de détention d’Uzamnica, les accusés et «d’autres membres du groupe de paramilitaire (…) ont de façon répétée battu les détenus avec leurs poings, des crosses de fusils et des bâtons de bois, ainsi qu’avec leurs bottes», poursuit le procureur. Avant la guerre, Visegrad comptait 21.000 habitants, dont près de 63% étaient des Musulmans et près de 33% des Serbes.


• Alix Rijckaert (AFP)

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