Deuxième journée du conclave des 115 cardinaux pour l’élection du nouveau Pape

Dans le secret de la chapelle coupée du monde extérieur, les 115 cardinaux électeurs avaient entamé mardi matin leur deuxième journée de conclave qui, riche des enseignements du vote exploratoire de la veille, pourrait aboutir à l’élection d’un nouveau chef de 1,1 milliard de catholiques.

Un autre vote, ou deux, si le premier se solde à nouveau par un vote négatif, devaient intervenir dans l’après-midi, la fumée annonçant leur résultat étant attendue autour de 19H00 (17H00 GMT).

Mardi peu avant midi, plusieurs milliers de personnes venues de Rome, d’autres villes italiennes ou de l’étranger, en famille ou seules, étaient rassemblées place Saint-Pierre dans l’attente de savoir si l’Eglise catholique avait un nouveau pape.

Comme la veille au soir, les premières volutes de fumée ont paru blanches, entretenant l’incertitude pendant quelques instants. "Il n’y a aucun doute, elle est noire", a toutefois assuré rapidement Radio Vatican. Et les cloches de la basilique Saint-Pierre censées confirmer l’élection du nouveau pape sont restées muettes.

La cheminée de la Sixtine étant toute petite et distante, la m de nombreux prêtres et religieuses, avaient les yeux braqués sur quatre écrans géants disposés sur la place où elle apparaît en gros plan.

Riccardo Riccardi, 25 ans, éducateur dans une association qui s’occupe des malades mentaux, était déjà venu lundi soir et il a vraiment cru au début, comme presque tout le monde, que la fumée était blanche.

"Quand je me suis préparé à prendre la photo, j’ai vu que la fumée était noire", expliquait-il. "Comme je peux choisir mon emploi du temps, j’ai dit à mes collègues: tant qu’il n’y a pas de nouveau pape, je reste à Saint-Pierre", ajoutait le jeune homme.

Le conclave n’étant précédé par aucune campagne électorale ni aucune annonce de candidatu tican estimaient que le premier vote de lundi soir a servi essentiellement aux deux principaux camps en présence, conservateur et progressiste, à se mesurer.

Ces camps ont probablement porté leurs voix l’un sur le théologien allemand Joseph Ratzinger, l’autre sur l’ancien archevêque de Milan Carlo Maria Martini.

Mais, à moins d’un "accident" toujours possible, ni l’un ni l’autre ne souhaitent être élus, préférant le rôle de grand électeur ou faiseur de pape. Les vaticanistes tirent cette opinion du comportement des deux hauts prélats qui, lors de leurs dernières apparitions publiques, ont exprimé d’une manière très ferme leur vision de l’Eglise.

Or, selon toute vraisemblance, celui qui voudra être élu devrait se positionner au centre pour attirer une partie des voix du camp qui ne le reconnaît pas au départ comme sien.

Il s’agit certes d’une simplification, les nombreux problèmes que connaissent le monde en général et l’Eglise catholique en particulier pouvant réunir des cardinaux de courants différents ou opposer des alliés, sans compter les blocs géographiques, opposant notamment les Européens aux Latino-américains et, plus largement, aux prélats du tiers monde.

Le premier vote a pu également permettre de confirmer le rôle de "grands électeurs" de certains cardinaux qui, sans avoir de réelles perspectives ou le désir de prendre la direction de l’Eglise, peuvent peser sur l’élection en orientant leurs partisans dans un sens ou dans un autre.

Cette position d’influence est généralement reconnue aux cardinaux italiens ayant exercé pendant des années de hautes responsabilités au Vatican, l’ex-secrétaire d’Etat Angelo Sodano et Mgr Giovanni Battista Ré, à qui l’on prête l’ambition de succéder à ce dernier.

Selon le vaticaniste du Corriere della Sera, Luigi Accatoli, qui fait autorité en la matière, les cardinaux ont probablement consacré leur soirée de lundi et une partie de la nuit à peser les résultats du premier vote et à sonder les intentions des différents groupes informels.

Pour être élu, un candidat doit recueillir au moins 77 suffrages, soit la majorité des deux tiers des voix de ses pairs.

Si aucun des cardinaux n’y parvient en trois jours de conclave, celui-ci suspend les votes pendant une journée au maximum, pour une pause de réflexion.

Depuis le début du XXe siècle, aucun conclave n’a duré plus de cinq jours. En 1978, Jean Paul II a été élu le 3e jour, au huitième tour de scrutin et son prédécesseur, Jean Paul Ier, le 2e jour seulement.

Michel Viatteau

AFP

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