Diplomatie : Bernard Kouchner en Chine

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a entamé mercredi une visite de deux jours en Chine pour préparer celle du président Nicolas Sarkozy à la fin novembre et solliciter l’aide du géant asiatique sur les grands dossiers comme la Birmanie et l’Iran. M. Kouchner a commencé sa visite de deux jours à Pékin, dernière étape d’une tournée asiatique après Singapour et la Thaïlande, par une rencontre de près d’une heure et demie avec son homologue chinois Yang Jiechi. «Au cours de l’entretien, j’ai souligné que la Chine serait très heureuse d’accueillir le président Nicolas Sarkozy pour une visite d’Etat vers la fin novembre», a déclaré M. Yang. «C’est un événement important pour les relations sino-françaises cette année», a-t-il ajouté, estimant qu’elle «donnera sûrement des résultats positifs et une grande impulsion au développement des relations sino-françaises».
De son côté, M. Kouchner a qualifié les relations entre les deux pays «d’excellentes». «Des accords seront signés par le président Sarkozy dans quelques semaines lors de sa visite d’Etat», a-t-il dit, ne donnant pas de détails. La France espère notamment officialiser à l’occasion de la visite de M. Sarkozy une commande chinoise portant sur deux réacteurs nucléaires dont le montant avoisinerait les six milliards d’euros. Sur les questions internationales, le ministre français a jugé que sa visite permettrait de faire apparaître des «convergences de vues très importantes» sur le Darfour, la Birmanie et l’Iran. Mardi, à Bangkok, le ministre français a indiqué qu’il demanderait à la Chine, principal allié de la junte militaire birmane, d’agir avec la France pour «pérenniser» la mission de l’envoyé spécial de l’ONU en Birmanie et «imposer» un vrai dialogue entre la junte et l’opposante Aung San Suu Kyi. Sur des sujets qui fâchent, comme les droits de l’Homme ou le Tibet, le ministre n’a guère été prolixe pendant sa conférence de presse commune avec Yang Jiechi. «Je ne connais pas de rendez-vous qui ont été évoqués dans notre pays à ce propos», a brièvement déclaré M. Kouchner.
Au cours des derniers mois, le leader spirituel tibétain en exil a été reçu par plusieurs dirigeants occidentaux, notamment le président américain George W. Bush, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre canadien Stephen Harper, entraînant à chaque fois de vives protestations de la Chine.
«Le président Sarkozy visite la Chine dans quelques semaines et je le connais assez pour savoir qu’il abordera franchement et de façon déterminée le problème des droits de l’Homme», avait déclaré mardi M. Kouchner à Bangkok.

• François Bougon (AFP)

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