Diplomatie : Visite historique de Vladimir Poutine en Iran

Diplomatie : Visite historique de Vladimir Poutine en Iran

Le président russe Vladimir Poutine a entamé mardi à Téhéran une première visite en Iran d’un dirigeant du Kremlin depuis 1943, pour un sommet des pays de la Caspienne qui devrait être éclipsé par ses entretiens avec les dirigeants iraniens sur la question du nucléaire. M. Poutine a maintenu sa visite malgré des informations sur une menace d’attentat suicide le visant lors de son séjour.
Le sommet des chefs d’Etat des cinq Etats riverains de la Caspienne (Azerbaïdjan, Iran, Kazakhstan, Russie, Turkménistan) ne devrait déboucher sur aucune percée pour définir le statut de cette mer dont le sous-sol est riche en hydrocarbures. En revanche le suspense reste entier sur le résultat des entretiens du président russe avec le président Mahmoud Ahmadinejad, puis avec le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, la plus haute autorité de l’Etat. La Russie est le dernier pays, avec la Chine, à s’opposer à l’adoption d’une troisième résolution du Conseil de sécurité de l’ONU infligeant des sanctions à Téhéran, à cause de son refus de suspendre son programme d’enrichissement d’uranium. Moscou mise encore sur l’engagement de Téhéran, pris en août, d’éclairer enfin l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur les zones d’ombre de son programme nucléaire. M. Poutine avait déclaré, mardi matin, que le document final du sommet de la Caspienne, qui devrait être signé à la mi-journée, a fixé «le principe de l’impossibilité pour un Etat de mettre à disposition son territoire en cas d’agression contre un autre Etat».
Une disposition particulièrement importante pour l’Iran, qui redoute que les Etats-Unis utilisent l’Azerbaïdjan pour une attaque contre leur pays, bien que le président azerbaïdjanais Ilham Aliev en ait exclu l’éventualité. M. Ahmadinejad a loué «l’unanimité des pays riverains sur le fait que seuls leurs navires et leurs forces militaires doivent être autorisés en mer Caspienne». Les questions de sécurité devraient occuper une place de choix dans les entretiens de M. Poutine avec ses interlocuteurs iraniens. Le président russe a multiplié récemment ses avertissements contre un durcissement des sanctions envers Téhéran pour le contraindre à suspendre son programme nucléaire. Il avait dit lundi que «faire peur aux dirigeants iraniens ou au peuple iranien, c’est sans perspective. Ils n’ont pas peur». Une démarche qui l’inscrit en faux avec l’impatience grandissante des Occidentaux pour accentuer la pression sur la République islamique.
Sur la Caspienne, le sommet a été l’occasion pour les parties d’appeler à l’unité pour définir le statut de la mer mais aussi de défendre des points de vue antagonistes.

Olga Nedbaeva (AFP)

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