Dominique de Villepin prépare sa charge contre Sarkozy

Dominique de Villepin prépare sa charge contre Sarkozy

Quelles que soient les raisons qui ont empêché Dominique de Villepin, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, de commenter à chaud les résultats des élections régionales et la débâcle de la gouvernance Sarkozy, elles lui rendirent un précieux service. Par son silence programmé ou contraint, Dominique de Villepin a su créer une envie, un désir. Une attente qui risque de lui mobiliser une totale attention pour son annonce ce jeudi de créer en juin prochain un parti politique chargé ni plus ni moins que de «trouver une alternative à Nicolas Sarkozy en 2012». Nicolas Sarkozy a encore rajouté un palier supplémentaire dans l’intérêt que les Français peuvent prêter à Dominique de Villepin et ce, en faisant entrer, à la hâte, dans son gouvernement un de ses porte-flingues les plus fidèles, Georges Tron. En procédant de cette manière, le président de la République a installé cette conviction que non seulement il craignait la capacité de nuisance du courant De Villepin, mais que l’ancien Premier ministre, malgré les nombreux démêlés judiciaires, malgré un isolement et une solitude comptable «De Villepin , combien de divisions ?», demeure un dangereux challenger. Mais l’Elysée a de nombreuses raisons de se faire du souci. Nicolas Sarkozy sait mieux que quiconque le potentiel d’opposition et de mobilisation qui existe. Dominique de Villepin peut facilement surfer sur la vague de désaffection qui touche la Sarkozie et embrigader d’autres bataillons. Il peut viser deux segments de la frustration anti-Sarkozy, celle de l’UMP classique, issue de la droite traditionnelle, qui ne pardonne pas au président de la République sa passion excessive pour les prises de guerre socialistes, et celles des centristes qui, après le naufrage de François Bayrou, se cherchent une adresse politique pour exister et s’exprimer. Sans parler de celle, difficilement quantifiable de la déception des Français à l’encontre du «président du pouvoir d’achat». Bien entendu, avant de se lancer dans la grande architecture politique, Dominique de Villepin se doit de mesurer l’impact sur ses amis de la désertion de Georges Tron. Un autre fervent fidèle de Dominique de Villepin, François Goulard, lançait comme une boutade à l’adresse des journalistes : «Le PS n’est pas entré au gouvernement avec Bockel et Besson. Les villepinistes n’entrent pas au gouvernement avec Georges Tron». Quelle que soit la plate-forme politique que Dominique de Villepin s’apprête à lancer, Nicolas Sarkozy sera dans son viseur principal. Il va sans dire que l’évolution des rapports entre les deux hommes dépendra principalement de l’issue du feuilleton judiciaire nommé Clearstream. Et alors que les sondages ne donnent plus comme une évidence le président de la République comme candidat naturel à sa succession, voilà que les amis de Dominique de Villepin, comme le député UMP Hervé Mariton défendent une des idées les plus subversives du moment, celle qui consiste à organiser des primaires au sein de l’UMP pour choisir le meilleur candidat possible pour 2012. D’ailleurs, précisent les avocats de ces primaires, pas besoin d’une révolution structurelle, les statuts du parti le prévoient.

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