Dominique Strauss-Kahn plébiscité par les sondages

Dominique Strauss-Kahn plébiscité par les sondages

Il y a  un vrai mystère Dominique Strauss-Kahn en France. Plus l’homme se tait et s’isole dans sa tour d’ivoire au FMI à Washington, plus sa cote de popularité flambe au bord de la Seine à Paris. Comme si seuls étaient payants l’effacement et le déni de soi-même, si le silence de DSK lui fut imposé par le poids de ses fonctions planétaires. Il est vrai que Dominique Strauss-Kahn jette son dévolu sur le PS, une bouillante maison où la floraison des égos et l’effervescence des ambitions paralysent le présent et brouillent l’avenir. Au point de pointer les regards et les espérances vers un ailleurs mystérieux et indéfinissable. Mais cela n’explique pas la soudaine Baraka dont Dominique Strauss-Kahn est devenu porteur. Sauf à croire que les mécaniques du rêve américain sont en train de configurer le destin français de DSK. Et pour cause. Alors que la presse française se contente, souvent avec une incrédulité non dissimulée, de faire écho à cette fournée de sondages qui persistent à placer Dominique Strauss-Kahn en tête des pelotons pour la course à l’Elysée, voilà que la presse américaine non soumise aux contraintes politiques françaises tire un portrait flatteur de DSK. La dernière livraison du magazine «Newsweek» avec ce titre élogieux «Dominique Strauss-Kahn The Top Guy… Prêt à diriger la France ou le monde». «Newsweek» n’est pas à proprement parler un journal américain qui découvre les arcanes de la politique française. Récemment, il s’était fait remarqué dans le monde entier par l’élaboration d’une couverture qui a été considérée, à raison, comme ce qui a été écrit de plus violent contre Nicolas Sarkozy, si forte qu’elle pourrait reléguer les charges du magazine «Marianne» au rang de petites escarmouches locales. Ce fut lorsque, voulant illustrer le réveil de l’extrême droite en Europe, le repli identitaire violent, l’intolérance comme mode de gouvernement dans le Vieux Continent, «Newsweek» choisit une photo de Nicolas Sarkozy pour l’incarner. La couverture de «Newsweek» sur DSK a dû certainement fait grincer les dents à Martine Aubry  et son équipe Rue Solferino. Cela fait-il partie d’une grand stratégie de communication pour conforter son image de gestionnaire des affaires du monde, en comparaison presque consciente de ceux parmi ses concurrents et détracteurs qui se contentent de gérer la mairie de Lille ( Martine Aubry) ou le conseil régional du Poitou Charente ( Ségolène Royal) ou le conseil régional de la Corrèze  (François Hollande). Les opposants à Dominique Strauss-Kahn au sein de sa propre famille doivent aussi composer avec son omniprésence qu’annonce la séquence internationale qui s’ouvre devant Nicolas Sarkozy avec la présidence du G20. Les deux hommes vont parader sur la scène internationale, chacun avec son propre agenda. L’un ouvertement assumé, l’autre non-dit : Nicolas Sarkozy pour re-présidentialiser son image et sa stature par le biais de l’international et Dominique Strauss-Kahn pour conforter l’estime et la confiance que les chaumières et les terroirs semblent lui porter, à croire les différents résultats des sondages. Avec le secret espoir pour l’un comme pour l’autre que ces images préfigurent celles de la campagne de 2012.

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