Douste-Blasy à Alger pour relancer un traité d’amitié Franco-algérien


M. Douste-Blazy aura notamment un entretien avec le président Abdelaziz Bouteflika, artisan d’un rapprochement avec la France, l’ancienne puissance coloniale, après presque une décennie de tension dans les années 90.

Cette visite de deux jours, la première de M. Douste-Blazy en Algérie, "s’inscrit dans le contexte de l’approfondissement de nos relations avec l’Algérie dans tous les domaines", a indiqué le ministère français des Affaires étrangères.

Le ministère a rappelé le message adressé le 22 mars par le président Jacques Chirac à son homologue algérien pour lui dire son "attachement à la perspective du Traité d’amitié".

A la manière du "traité de l’Elysée" franco-allemand de 1963, ce traité voulu par les deux chefs d’Etat prévoit un "partenariat d’exception".

Il aurait dû être signé en 2005.

Mais l’adoption le 23 février 2005 d’une loi dont un article mentionnait "le rôle positif" de la colonisation a provoqué des polémiques.

Elle a donné un coup d’arrêt à la dymanique engendrée par la "déclaration d’Alger" de mars 2003 dans laquelle les deux chefs d’Etat s’engageaient à "renforcer la coopération politique, économique, culturelle et scientifique".

Jusqu’au retrait de l’article controversé en janvier sur proposition du président Chirac, les relations bilatérales avaient traversé une nouvelle zone de turbulence, amenant des dirigeants algériens à exiger de la France une "repentance" pour les 132 années de colonisation, avant toute relance du traité d’amitié.

"Cette histoire est derrière nous", s’est réjoui dans une déclaration à l’agence officielle algérienne APS, M. Douste-Blazy, critiqué notamment par la presse algérienne pour avoir été un des premiers députés à signer la proposition de loi du 23 février.

Dans son message du 22 mars, M. Chirac a exprimé son souhait de s’entretenir "dès que possible" avec M. Bouteflika, qui avait été soigné l’année dernière en France officiellement pour un ulcère de l’estomac, de "la façon de mener à bonne fin" le traité d’amitié.

Deux jours auparavant, le chef de la diplomatie algérienne Mohamed Bedjaoui avait affirmé que la signature du traité était "toujours à l’ordre du jour" et que les "relations devraient reprendre désormais leur cours normal", l’article controversé ayant été abrogé.

Dans le cadre de cette normalisation, la visite de M. Douste-Blazy a "pour objectif de faire progresser notre coopération bilatérale en identifiant de nouveaux domaines qui viendront compléter les résulats auxquels nous sommes parvenus depuis la signature de la déclaration d’Alger", selon le Quai d’Orsay.

Alger souhaite un engagement plus fort des entreprises françaises dans le pays pour contribuer à la mise en oeuvre d’un vaste programme d’investissements.

Ce programme prévoit notamment la réalisation de 1.200 km d’autoroutes, la modernisation et l’extension des voies ferrées ou encore la construction d’un million de logements. La Chine a fait une percée économique importante en Algérie notamment dans le domaine du bâtiment.

L’Algérie, qui dispose de réserves de change de 61 milliards de dollars grâce à ses revenus pétroliers, et a adopté une charte de réconciliation, censée tourner la page des violences qui ont fait depuis 1992 plus de 150.000 morts, "est un pays qui a toutes les potentialités pour nos investisseurs", note un proche de M. Douste-Blazy.

"Nous les encourageons à y aller et à être présents dans une démarche de partenariat avec les opérateurs algériens", a-t-il ajouté.

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