Ebadi dénonce une aggravation de la situation des droits de l’Homme

Le Cercle des défenseurs des droits de l’Homme, dirigé par la lauréate du prix Nobel de la paix 2003, Shirin Ebadi, a critiqué une aggravation de la situation des droits de l’Homme durant la dernière année iranienne (mars 2007 – mars 2008) dans un rapport envoyé dimanche à l’AFP. Le rapport annuel du Cercle dénonce les pressions et les condamnations contre les activistes ayant une position critique à l’égard du gouvernement du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, élu en juillet 2005, contre les étudiants, les féministes, les syndicalistes ouvriers ainsi que le nombre croissant des exécutions, notamment de mineurs de moins de 18 ans. «Le Cercle des défenseurs des droits de l’Homme dénonce la violation systématique des droits de l’Homme en Iran (…) et estime qu’elle approfondit le fossé entre le peuple et le gouvernement», affirment l’avocate Shirin Ebadi et ses amis. La publication de ce rapport coïncide avec un appel du président américain, George W. Bush, en tournée dans la région, pour que le Moyen-Orient renonce aux pratiques réprimant les libertés et relâche tous les prisonniers politiques. Selon le rapport du Cercle, durant la précédente année iranienne, «les dissidents et les personnes critiques à l’égard du pouvoir quelle que soit leur tendance politique ont fait l’objet de nombreuses pressions, restrictions et condamnations». Quelque 60 personnes ont été condamnées à des «peines dégradantes» notamment de prison et de fouet. Le rapport affirme que «17 quotidiens, hebdomadaires et mensuels (…) et huit sites internet ont été fermés durant cette période (alors) que 32 journalistes et écrivains ont été condamnés à des peines de prison, de fouet et des amendes». «Avec l’arrivée au pouvoir du gouvernement du président Ahmadinejad, la liberté d’expression et d’information a décliné (…) et la censure et les pressions indirectes ont atteint leur niveau le plus élevé», ajoute le rapport. Selon le texte, «de nombreux adeptes du bahaïsme (une religion syncrétiste interdite en Iran, ndlr) ont également été privés d’emplois, d’éducation à l’université et d’activités sociales». Le Canada a exprimé sa préoccupation vendredi à la suite de l’arrestation de six Bahaïs et déploré «la dégradation continue de la situation des droits de la personne en Iran». Téhéran n’a pas encore confirmé ces arrestations. Le rapport affirme que 45 étudiants ont été interrogés par des tribunaux révolutionnaires, 108 ont été arrêtés, cinq jugés et quinze ont été condamnés à des peines de prison et de fouet.
Concernant les féministes, le rapport affirme que 41 femmes ont été arrêtées et neuf condamnées à des peines de prison, de fouet et d’amende.

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