Egypte : les frères privés de leurs avoirs

Egypte : les frères privés de leurs avoirs

Les Frères musulmans dans la ligne de mire des autorités égyptiennes. Vingt-neuf des membres de cette organisation ont vu leurs avoirs financiers et immobiliers gelés par la justice. Motif de cette sanction prise dimanche 28 janvier par le procureur général égyptien : «blanchiment d’argent et financement d’une organisation interdite».
Un haut responsable de la banque Al-Ahly (publique) a été désigné pour régir ces avoirs. Mohamed Khaïrat al-Chater, le numéro trois de la confrérie, et Abdel Rahmane Seoudi, un influent homme d’affaires, font partie du lot concerné par cette décision judiciaire. Les deux hommes sont actuellement en détention. Le propriétaire de la banque islamique Al-Taqwa, Youssef Nada, en fuite à l’étranger, figure également parmi les Frères musulmans concernés par la décision du procureur.
C’est la première fois que des membres du mouvement islamiste, sont frappés par une telle décision. Ce genre de sanction est généralement réservé aux personnes accusées d’escroquerie, de corruption et de détournement de fonds à large échelle.
Le 25 décembre dernier, six membres des Frères musulmans avaient été accusés de «blanchiment d’argent».
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’une campagne lancée par les autorités contre le mouvement en décembre, après une démonstration de force d’étudiants membres de la confrérie dans l’enceinte de l’Université islamique d’Al-Azhar. Plusieurs membres ont été arrêtés ces dernières semaines.
Plus récemment, courant ce mois de janvier, Mohammed Ali Bechr, membre du bureau de direction – la plus haute instance politique des Frères musulmans chargée d’élaborer la politique générale du mouvement pour l’Egypte -, a été arrêté au Caire. Deux dirigeants locaux, Issam Hachich et Medhat al-Haddad, ainsi que trois membres de la confrérie ont été également interpellés au Caire, Alexandrie et Assiout.
Les Frères musulmans, officiellement interdits en tant que parti politique, mais tolérés dans les faits, sont le principal groupe d’opposition en Egypte. Depuis les législatives de 2005, ils contrôlent le cinquième des sièges du Parlement, qu’ils ont conquis sous l’étiquette d’"indépendants".
Le but des Frères musulmans est d’organiser l’opposition au moment où le président Hosni Moubarak veut renforcer son pouvoir. Pour cela, ils s’appuient sur l’islamisation patente de la société égyptienne. En effet, l’Egypte est marquée, ces dernières années, par un contraste grandissant entre une classe aisée, laïque qui porte l’économie du pays à bout de bras et une classe pauvre qui s’islamise rapidement. Certains estiment qu’actuellement 80% des Egyptiennes sont voilées. L’islamisation d’une société, connue pour être l’une des plus libérales du monde arabe, serait due à la fracture sociale, à la mode, mais aussi à l’arrivée du mouvement islamique sur la scène politique. Durant leurs sorties médiatiques, les Frères musulmans, ayant fait leur entrée au Parlement, l’année dernière, disent ne pas vouloir bouleverser la démocratie, mais se félicitent de cette islamisation. 

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