Égypte : Les USA durcissent le ton

Égypte : Les USA durcissent le ton

Lors de sa visite en Egypte, la secrétaire d’Etat américain Condoleezza Rice a fortement critiqué le système de Raïs et elle a appelé le pays à fournir plus d’efforts en matière de démocratie.
Faisant allusion aux violences menées par des partisans du Parti national démocrate (PND, au pouvoir) contre des opposants et des journalistes lors du référendum du 25 mai, Condoleezza Rice a déclaré que les Etats-Unis s’inquiètent de l’avenir des réformes en Egypte, lorsque de pacifiques partisans de la démocratie, hommes et femmes, ne sont pas protégés de la violence.
Trois mois avant les élections, Rice a déclaré que la crainte du résultat des élections ne peut plus justifier le refus de la liberté.
Elle a ajouté que les autorités égyptiennes comprennent cela et elle a affirmé qu’ils prendraient leurs responsabilités vu que le monde entier observe ce qui se passe dans le pays.
Les Etats-Unis avaient auparavant recommandé l’envoi d’observateurs internationaux pour superviser les prochaines élections. Une proposition que les autorités ont refusé d’accepter. Elle fut aussi rejetée par les magistrats égyptiens, qui ont pourtant menacé de ne pas superviser ces scrutins si on ne leur donne pas les moyens d’en garantir la transparence.
Il faut entre outre rappeler que le régime de Moubarak a posé des conditions de candidature très restrictives. Sans oublier qu’il continue à marginaliser l’opposition. Cette dernière est, en effet, privée d’accès aux médias. Il lui est aussi interdit de manifester au nom de la loi d’urgence.
Durant sa visite, Condoleezza Rice a rencontré un nombre de réformateurs. Parmi eux, Ayman Nour candidat d’opposition à l’élection présidentielle. Ayman Nour a été empêché récemment par les autorités égyptiennes de quitter le pays. L’opposant s’est vu ainsi privé de se rendre au Parlement européen en raison de poursuites judiciaires engagées contre lui.
Le chef du Parti Ghad (demain), qui représente l’opposition libérale, devait se rendre à Bruxelles jeudi puis rentrer au Caire vendredi soir. Mais le cabinet du procureur lui a signifié qu’il avait besoin d’une permission pour quitter le territoire.
Le procureur a rejeté sa demande d’autorisation et une cour a fixé l’audience de son appel au mois de juillet, a-t-il ajouté. Un porte-parole du cabinet du procureur a affirmé que seule la cour pouvait lui donner l’autorisation et que le dossier n’était plus entre les mains du procureur.
Nour a été arrêté en janvier, relâché en mars puis accusé d’avoir présenté de faux documents pour fonder son parti politique. Son procès s’ouvrira mardi prochain. Nour et ses partisans soutiennent que les accusations sont infondées et motivées par des calculs politiques. Il se mesurera en septembre prochain au président Hosni Moubarak lors de la première élection présidentielle ouverte à plusieurs candidatures en Egypte. Selon lui, l’interdiction de voyager qu’on lui a opposée n’est basée sur aucune loi égyptienne.

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