El Qaïda reprend ses attentats

El Qaïda reprend ses attentats

El Qaïda a une cible qu’il ne peut, encore, atteindre, considère le grand spécialiste militaire Zeev Shif du quotidien «Haaretz». Mais la leçon des attentats à Londres, jeudi dernier, démontre qu’une surprise peut, toujours, être en préparation de la part de l’organisation terroriste. Le fait qu’El Qaïda, jusqu’à présent, n’ait pas réussi à atteindre le territoire israélien, ne signifie pas que tout danger d’attentat soit passé où que ce soit dans le monde. Les menaces d’actions contre Israël ne proviendraient pas du Hamas seulement, mais aussi jour après jour du Jihad Islamique et du Hizbollah, ou bien, peut-être, également, d’El Qaïda, dont la menace permanente n’est pas négligée par les services de sécurité israéliens.
Israël ne participe pas à la coalition de guerre en Irak, mais il représente une cible privilégiée pour Al Qaïda, organisation islamiste internationale, car il s’agit pour ses dirigeants «de l’Etat juif en conflit avec des pays arabes, musulmans et avec les Palestiniens». Atteindre le territoire israélien est pour Al Qaïda très important sur le plan idéologique et religieux. Jusque là les Israéliens ont su prévenir tout essai d’attaque de l’organisation islamiste qui a réussi, par contre, à atteindre plusieurs cibles juives dans plusieurs pays, la synagogue de Djerba en Tunisie, celle d’Istanbul en Turquie ou des centres juifs à Casablanca.
L’échec le plus marquant d’Al Qaïda contre les Israéliens a été une attaque manquée contre un avion d’El Al (compagnie israélienne) au Kenya. Mais des membres de l’organisation terroriste ont réussi à faire des victimes israéliennes dans un hôtel Kenyan. Il est possible, certes, de considérer le territoire israélien comme une forteresse dans laquelle il est difficile de s’infiltrer à partir de l’étranger. Mais, il n’y a jamais eu de fermeture hermétique…
Les combattants terroristes choisissent généralement des objectifs où se trouve une grande concentration de population musulmane, considère Zeev Shif, dans le but de pourvoir recruter, plus facilement, des collaborateurs. Et de trouver, aussi, des refuges ou de recueillir des informations. Pourtant, il y a des populations musulmanes frustrées à proximité de l’Etat d’Israël, voire même en son sein…
D’autant que l’expérience montre qu’un échec ne décourage pas Al Qaïda, qui a «un souffle long». une fois ses préparatifs dévoilés, elle sait se replier pendant plusieurs mois, avant de reprendre son attaque. Depuis l’élimination de sa grande base en Afghanistan, Al Qaïda rencontre certes, à présent, des difficultés opérationnelles, mais sa menace reste permanente comme l’ont montré les attentats en Turquie, en Espagne et en Extrême-Orient. De même à Londres, comme centre de cellules de terroristes qui préoccupent les Israéliens depuis longtemps, rappelle Zeev Shif. En effet, c’est de Londres qu’étaient venus les deux terroristes pakistanais porteurs d’explosifs difficilement détectables, qui ont réalisé l’attentat contre un restaurant à Tel-Aviv en avril 2003.
Selon les spécialistes, la coopération sécuritaire avec les Britannique est généralement bonne, pour les Américains, les Européens ou les Israéliens. Avec ces derniers, il y a eu des périodes de controverses, avec en particulier l’obligation des services spéciaux israéliens de fermer leurs bureaux à Londres, pendant une certaine période. En outre, un autre spécialiste israélien critique « un sentiment d’impunité de l’Europe, sur le plan global, qui est paradoxalement renforcé par des attentats en Irak, en particulier, actuellement». L’Europe se croit,peut-être, à l’abri des opérations d’Al Qaïda, qui lui paraît se focaliser dans ce pays déséquilibré par la guerre toujours présente avec les troupes américaines et leurs alliés. En réalité, tous les pays ennemis d’Al Qaïda semblent devoir faire face à une décision stratégique de l’organisation islamiste internationale qui a décidé d’ouvrir de nouveaux fronts dans tous les pays qui soutiennent la guerre de l’Irak. Ainsi est le cas de l’Italie ou du Danemark, alors que la France et l’Allemagne seraient épargnées.
Cependant, malgré l’intensité de son activité. Al Qaïda  n’a pas réussi à créer, en Irak, le changement stratégique qui est recherché pour y installer un autre Afghanistan… La nouvelle stratégie serait  parallèle à la poursuite de la guerre en Irak, avec l’encouragement d’attentats, dans tous les pays, – hier dans la capitale de la Grande-Bretagne-, où cela est possible, en se servant, parfois, d’organisations islamistes locales…

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