En attendant Powell

Alors qu’il recevait le premier ministre britannique Tony Blair dans son ranch texan, George W. Bush a une nouvelle fois demandé samedi à Israël de retirer ses troupes. Deux jours après un premier appel sans conviction, le président américain a cette fois-ci répété que la fin de l’agression devait se faire, certes, mais toujours « sans délai ».
Lors d’une conférence de presse à Crawford, M. Bush a ajouté : « je m’attends à ce qu’Israël se plie à mon appel et je m’attends à ce que les Palestiniens rejettent la terreur». «Mes déclarations sur Israël sont les mêmes qu’il y a deux jours. Retrait sans délai», a-t-il précisé. Des propos auxquels le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, a réagi quelques heures plus tard, expliquant qu’il «ne faut pas jouer sur les mots lorsqu’on dit sans délai. Israël l’interprète comme s’il avait un calendrier pour achever quelque chose. Le président Bush doit contraindre Sharon à arrêter son agression et à retirer immédiatement ses troupes » des territoires palestiniens. Jeudi dernier, le chef de la Maison-blanche avait aussi décidé d’envoyer son secrétaire d’Etat – dont le calendrier et le parcours ne sont toujours pas connus avec exactitude – dans la région. Colin Powell devait quitter Washington dimanche soir, mais il n’est pas attendu au Proche-Orient avant la fin de la semaine.
Ce qui laisse encore une certaine marge de manoeuvre à Ariel Sharon. Ce dernier a d’ailleurs assuré au président américain, lors d’un entretien téléphonique samedi, qu’Israël « fera tout ce qu’il peut pour apporter une fin rapide à l’opération rempart ».
Une fin qui ne devrait pas intervenir, selon de nombreux observateurs, avant l’arrivée de Colin Powell au Proche-Orient même.
Mais pour cela, le secrétaire d’Etat américain – dont la mission est de faire relancer le processus de paix – doit d’abord se rendre au Maroc, où il s’entretiendra avec S.M le Roi Mohamed VI, et le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz. Il a aussi maintenu mercredi et jeudi une visite prévue de longue date en Espagne, repoussant encore son arrivée en Israël. Il devrait également se rendre en Turquie et en Jordanie, les deux Etats arabes les plus proches des Etats-Unis. Par contre, une rencontre avec M. Arafat, toujours reclus dans les décombres de son quartier général, reste dans le flou. Colin Powell a fait savoir qu’une telle rencontre ne figurait pas pour l’instant dans ses projets, sans toutefois exclure qu’elle puisse être décidée « le moment venu ».
Des propos précédés de nouvelles déclarations sévères du président américain : « le président Arafat a échoué. Il a laissé tombé son peuple (…) il a eu occasion après occasion de montrer qu’il était un (vrai) dirigeant et il s’est dérobé. Je suis déçu» a déclaré M. Bush samedi. Et d’ajouter « il n’a pas tenu ses promesses.
Il avait dit qu’il combattrait la terreur et il ne l’a pas fait. Il faut qu’il parle clairement en arabe aux peuples de la région et qu’il condamne toutes les actions terroristes »… Dimanche, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a quant à lui annoncé qu’il se réunira – probablement mercredi – à Madrid avec les chefs de la diplomatie américaine et russe et avec le représentant de l’UE Javier Solana, pour évoquer le conflit au Proche-Orient. « Dans les prochains jours, le quatuor célèbrera un sommet du plus haut niveau à Madrid, auquel prendront part Colin Powell, Igor Ivanov et moi-même » a déclaré M. Annan dans une interview publiée dimanche par le quotidien espagnol ABC.

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