Enlèvement de trois Espagnols en Mauritanie : Miguel Angel Moratinos évoque un «acte terroriste»

Enlèvement de trois Espagnols en Mauritanie : Miguel Angel Moratinos évoque un «acte terroriste»

L’enlèvement de trois Espagnols par des hommes armés, dimanche, en Mauritanie, est une première dans ce pays africain auparavant paisible, qui a subi ces deux dernières années une série d’actions meurtrières revendiquées par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). La plupart des observateurs ont attribué ce rapt aux islamistes armés, en faisant un lien avec l’enlèvement, trois jours plus tôt, d’un Français dans le nord-est du Mali voisin. Des sources sécuritaires maliennes avaient assuré à l’AFP que l’otage français était aux mains de «l’aile dure» d’Aqmi. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a clairement évoqué «un acte terroriste». Les trois ressortissants espagnols (deux hommes et une femme, membres de l’organisation humanitaire Barcelona Accio solidaria) ont été enlevés, dimanche, vers 18h GMT sur la route côtière très fréquentée Nouadhibou-Nouakchott, à 170 kilomètres au nord de la capitale, selon une source sécuritaire mauritanienne. Impliqués chaque année dans le projet de la «Caravana solidaria» (caravane solidaire), ces Catalans faisaient partie d’un convoi acheminant en Afrique de l’Ouest des camions chargés de matériel humanitaire. «Leur voiture, en queue de convoi, a été attaquée par des hommes armés qui ont tiré en l’air pour les faire s’arrêter», a expliqué à l’AFP l’un des humanitaires espagnols du convoi, Josep Carbonell, joint à Nouakchott. «Quand nous avons rebroussé chemin, leur véhicule était vide». 
Les trois volontaires avaient disparu: Roque Pascual, 50 ans, dirigeant d’entreprise du secteur de la construction, Albert Vilalta, 35 ans, directeur d’une société de tunnels, Alicia Gãmez, 35 ans, fonctionnaire de l’Administration de la justice, selon l’association.  Son confrère de l’Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, avait auparavant déclaré : «Tout semble indiquer qu’il s’agit d’un enlèvement. Si c’est le cas, comme je le crains, tout indique qu’il s’agirait d’un enlèvement d’Aqmi».  Pour le directeur du journal mauritanien indépendant Tahalil Hebdo, Isselmou Ould Salihi, les terroristes visent «l’Europe et particulièrement la France et l’Espagne, engagées dans la lutte contre Aqmi dans la région et veulent se donner la possibilité de négocier la libération de leurs combattants détenus à Nouakchott et d’obtenir des rançons». C’est la première fois que des étrangers sont enlevés en Mauritanie. Toutefois, l’hypothèse de tentatives d’enlèvement ayant mal tourné avait été évoquée pour l’assassinat de quatre Français en 2007 à Aleg (sud) et d’un Américain en juin à Nouakchott.  Lundi, une source militaire mauritanienne a assuré que l’armée avait bouclé tous les passages connus dans le désert et que «l’étau» se resserrait pour retrouver les ravisseurs. Et M. Moratinos a indiqué que l’Espagne contribuerait aux recherches avec des avions et hélicoptères participant habituellement au dispositif européen Frontex de prévention de l’immigration clandestine. Le président malien Amadou Toumani Touré s’est entretenu lundi,  par téléphone avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, élu en juillet après avoir mené un putsch en 2008. Tous deux se sont  à maintes fois engagés à mener une «lutte sans merci» contre le terrorisme.

Hademine Ould Sadi (AFP)

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