Entre Nicolas Sarkozy et Benyamin Netanyahu, l’état palestinien

Entre Nicolas Sarkozy et Benyamin Netanyahu, l’état palestinien

Entre Benyamin Netanyhu et Nicolas Sarkozy, ce n’est plus la grande complicité d’antan ni la grande effusion des premiers jours. Le fossé s’est visiblement creusé entre leur vision de la paix au Proche-Orient. La rencontre de jeudi à l’Elysée était destinée à souligner cette divergence. Benyamin Netanyahu venait de Londres où il s’était entretenu avec David Cameron. Le cœur de la divergence franco-israélienne du moment tourne autour de la proclamation et de la reconnaissance de l’Etat palestinien. Après s’être longtemps opposée à une proclamation unilatérale de cet Etat, la diplomatie française semble sur le point de basculer et de rejoindre d’autres grands pays qui ont montré leur disponibilité à reconnaître le futur Etat palestinien. L’autre point de divergence est le rapport au Hamas. Lors de sa récente visite à Paris, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait reçu la bénédiction de Nicolas Sarkozy de se rapprocher du Hamas en vue de former un gouvernement de technocrates et d’organiser de nouvelles élections législatives. Résultat immédiat : le Fatah et le Hamas signent un accord historique de réconciliation au Caire. Sur ces points cruciaux, Benyamin Netanyahu a beaucoup de remontrances à faire à Nicolas Sarkozy. Le président français n’a pas caché son intention d’aider à la reconnaissance de l’Etat palestinien. Ce qui équivaut, si cela doit arriver, à une manière de forcer la main aux autorités israéliennes. Un comportement inédit, depuis que Palestiniens et Israéliens sont rentrés sous l’ère Netanyahu dans une spirale de rupture. Les négociations de paix sont en panne depuis longtemps. Si sur la question de l’Etat palestinien, Benyamin Netanyahu risque de faire face à un Nicolas Sarkozy déterminé -le virage stratégique de reconnaître l’Etat palestinien semble avoir été adopté par la diplomatie française- sur le Hamas, le Premier ministre israélien peut encore marquer des points. Au-delà de l’axiome traditionnel selon lequel il est difficile de traiter avec un groupe politique dont la charte rechigne non seulement à reconnaître l’Etat d’Israël mais stipule encore sa destruction. Le Premier ministre israélien n’hésitera pas non plus à ajouter à son réquisitoire contre le Hamas sa dernière sortie : le mouvement de Khaled Mechaal était un des premiers et rares mouvements islamistes dans le monde à dénoncer l’exécution du leader d’Al Qaïda Oussama Ben Laden par les forces spéciales américaines. La rencontre entre Netanyahu et Sarkozy fait partie d’une grande campagne mise en place par les autorités israéliennes pour convaincre les pays tentés par cette reconnaissance de l’Etat palestinien de s’abstenir. Elle a pour objectif de contrecarrer celle lancée par l’Autorité palestinienne. Son objectif est de proposer à l’Assemblée générale des Nations Unies réunie en septembre de reconnaître un Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. Nicolas Sarkozy, qui s’est toujours proclamé comme un grand ami d’Israël, aura à cœur de convaincre Benyamin Netanyahu qu’un Etat palestinien indépendant est dans l’intérêt d’Israël comme il l’a répété dans son interview- bilan à l’Express: «Il n’y aura pas de sécurité pour Israël sans un Etat palestinien viable, démocratique et moderne ».

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