Entre vengeance et riposte

Deux Israéliennes, âgées de 56 et 78 ans, grièvement blessées au cours de la fusillade de ce mardi, rue de Jaffa dans la partie Ouest de Jérusalem, sont finalement décédées, alourdissant ainsi le premier bilan de 39 blessés et un mort.
Les sources hospitalières s’inquiétaient également de l’état critique de deux autres personnes blessées par l’homme palestinien qui avait ouvert le feu sur la foule avant d’être tué par la police. Une fusillade intervenue peu après une incursion à Naplouse (Cisjordanie) de l’armée israélienne, qui a tué quatre membres du Hamas le même jour. Selon l’armée, ces hommes ont été éliminés après la découverte d’un laboratoire clandestin de fabrication d’explosifs, « l’un des plus importants jamais découverts en Cisjordanie », selon elle, et dynamité par la suite. A l’aube pourtant, les troupes israéliennes s’étaient retirées de Tulkarem, toujours dans le nord de la Cisjordanie, qu’elles avaient réoccupée la veille, prenant alors le contrôle total d’une ville autonome pour la première fois depuis la création de l’Autorité palestinienne en 1994. L’auteur de l’attaque de Jérusalem appartenait aux Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, un groupe armé lié au mouvement Fatah. Des habitants du village de Tell, près de Naplouse, dont il était originaire, ont précisé qu’il était aussi membre de la police maritime palestinienne. Israël avait aussitôt rejeté la responsabilité de « ces atrocités » sur « l’Autorité palestinienne qui ne fait rien pour les empêcher », selon un porte-parole du Premier ministre Ariel Sharon, Avi Pazner. Un interlocuteur se réclamant des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa a pour sa part affirmé que l’attaque avait été lancée en riposte à la mort, le 14 janvier, du chef de ce groupe à Tulkarem, Raëd al-Karmi, et à celle des quatre militants du Hamas de Naplouse. Un regain de violences qui s’est en tout cas soldé dans la soirée de mardi, par de nouveaux tirs de l’armée israélienne sur les camps de réfugiés de Khan Younès et de Rafah, Sud de la bande de Ghaza, selon une source de sécurité palestinienne.
Toujours vive, la tension sur le terrain a coïncidé avec la venue du chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres, et du principal négociateur palestinien, Saeb Erakat, mercredi et jeudi au Conseil de l’Europe. Les deux hommes, qui devaient s’adresser séparément aux parlementaires des 43 Etats membres du Conseil de l’Europe, n’avaient, à l’ouverture de la session, toujours pas prévu de se rencontrer. Quant aux présidents de la Knesset israélienne, Avraham Burg, et du Conseil législatif palestinien (CLP), Ahmed Koureïa, ils ont, ce mercredi, lors de leur visite conjointe à Paris, dressé un constat d’impasse, appelant de leurs voeux un retour à la table des négociations seize mois après le début de la deuxième Intifada. « Nous, Israéliens, n’avons pas mis fin au processus d’implantation et eux, Palestiniens, n’ont pas commencé à discuter de la question de l’incitation à la haine », a ainsi observé M. Burg…

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