Envoi des renforts vers la frontière avec Gaza

L’Égypte a envoyé des renforts de troupes dans la péninsule du Sinaï et lancé une mise en garde aux groupes armés palestiniens de la bande de Gaza contre toute tentative d’ouvrir à nouveau des brèches dans la frontière. Environ 1.200 membres des forces de sécurité se sont déployés dans la ville d’El Arich, proche du territoire côtier palestinien, ont indiqué des sources proches de la sécurité. Ils ont été envoyés du Caire et de la province d’Ismailia en réponse à des menaces du Hamas, ont-elles ajouté. Un dirigeant du mouvement islamiste avait prévenu mardi que la frontière pourrait de nouveau être ouverte par la force sous peine d’»explosion» dans le territoire soumis depuis des mois au blocus israélien. Un autre responsable du Hamas, Sami Abou Zouhri, s’est efforcé mercredi de nuancer ces propos en soulignant que le mouvement souhaitait simplement alerter ses voisins.
«L’entière responsabilité de la poursuite du siège incombe à l’occupation israélienne et nous ne menaçons pas notre nation arabe», a-t-il dit. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a toutefois prévenu dans un communiqué que toute tentative «d’enfreindre l’inviolabilité de la frontière égyptienne» serait «accueillie avec le sérieux et la fermeté appropriés».  Les forces égyptiennes se sont déployées le long des routes menant à la frontière et ils ont renforcé les murs et les grandes palissades de tôles qui séparent les deux territoires. Ces tensions coïncident avec des manifestations violentes contre la vie chère dans plusieurs régions d’Égypte. Deux personnes sont mortes et plus de 110 ont été blessées lundi et mardi dans des affrontements dans la province du delta du Nil. Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé tout effort «pour créer des crises à la frontière coïncidant avec de faux problèmes à l’intérieur de l’Égypte». Ces efforts, a-t-il ajouté, font naître des doutes sur les vrais motifs derrière les déclarations des groupes islamiques palestiniens. Le ministère ne précise pas ces «problèmes» intérieurs mais des centaines de militants des Frères musulmans, mouvement islamiste interdit mais toléré par les autorités, ont été interpellés avant les élections municipales de mardi dernier.

• Iousri Mohamed (Reuters)

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