Escalade de violence à Gaza

Escalade de violence à Gaza

Le déclenchement, dans la nuit du 29 février au 1er mars, par Tsahal, l’armée israélienne, de l’opération «Hiver chaud», s’est soldé par un bilan très lourd : une centaine de victimes palestiniennes dont des femmes et des enfants. L’armée israélienne, qui s’est retirée le 3 mars de Gaza, a perdu deux hommes lors d’affrontements durant lesquels le Hamas s’est servi d’armes automatiques provenant de stocks livrés par les Etats Unis à l’Autorité palestinienne avant la conquête de Gaza par le Hamas le 15 juin 2 007.
L’opération était censée répondre à l’intensification des tirs de roquettes Kassams et de missiles Grad sur les localités du Néguev occidental, en particulier Sdérot et la cité balnéaire d’Akshélon. Située à 20 km de la bande de Gaza, celle-ci est désormais à portée des missiles Grad, de fabrication syrienne, que le Hamas a fait venir d’Egypte via les tunnels creusés tout le long du Couloir Philadelphie.
Cette opération militaire est loin de faire l’unanimité en Israël. L’un des principaux éditorialistes du quotidien modéré Haaretz, Gidéon Lévy, estime que «la politique de retenue est décevante mais que l’usage de la force est vain et contreproductif». À ses yeux, «Hiver chaud» n’est pas l’offensive terrestre d’envergure dont rêvent certains stratèges, tout au plus la simple mise en œuvre d’un «système dépourvu de valeurs morales et fondé sur le principe du deux poids, deux mesures».
Les impératifs sécuritaires invoqués pour la justifier dissimulent un usage disproportionné de la force sans pour autant obtenir de résultats tangibles sur le terrain.
Pour Gidéon Lévy, les populations du Néguev occidental seront les premières à en payer le prix et à en subir les conséquences désastreuses. «Chaque opération israélienne est suivie du déclenchement des sirènes d’alarme. Les éliminations ciblées et les bombardements ne réussiront pas là où le blocus a échoué», a-t-il indiqué.
Selon Gidéon Lévy, les résidents de Sdérot et d’Ashkélon savent que «plus la situation des habitants de Gaza se dégradera, plus la leur empirera. Tant qu’il n’y aura pas de dialogue, rien ne changera».
Gidéon Lévy pense que les habitants du Néguev peuvent jouer un rôle de pionniers en se faisant les avocats de l’ouverture d’un dialogue : «Il faut espérer que le sud d’Israël fournira une réponse plus adéquate et que quelqu’un y lancera un appel allant dans ce sens».
Pour l’heure, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert et son ministre de la Défense, Ehoud Barak, même s’ils se refusent à déclencher l’opération d’envergure réclamée par la droite, se font les avocats de la manière forte. Ils affirment vouloir en finir avec le Hamas et menacent de s’en prendre à sa direction politique.
L’Autorité palestinienne a vivement réagi au déclenchement des opérations militaires à Gaza. Son président, Mahmoud Abbas, a annoncé, dès le 2 mars, la suspension immédiate des négociations bilatérales menées par la ministre israélienne des Affaires étrangères Tsippi Livni et l’ancien Premier ministre palestinien ,Ahmed Qoreï. L’un des principaux négociateurs palestiniens, Saëb Erekat, a même déclaré que les discussions étaient «enfouies sous les décombres des maisons de Gaza !» .
La suspension des pourparlers israélo-palestiniens rend problématique la conclusion, avant la fin de l’année 2 008, d’un accord de paix comme s’y étaient engagés, à l’issue du sommet d’Annapolis, le 28 novembre 2007, le Président de l’Autorité palestinienne et le Premier ministre israélien.
C’est la raison pour laquelle la Secrétaire d’Etat américaine Condoleeza Rice a décidé de se rendre à nouveau au Proche Orient, tout d’abord en Egypte, puis en Israël et dans les territoires palestiniens. Son objectif est d’évaluer la situation et d’user de son influence pour ramener ses interlocuteurs autour de la table des négociations. Les observateurs ont, d’ailleurs, remarqué que la Maison Blanche a publié, le 2 mars, un communiqué très sec, appelant les parties en présence à faire preuve de retenue et condamnant implicitement l’ampleur de la riposte israélienne. Une manière de rappeler aux uns et aux autres que le recours à la force fait plus le malheur des deux peuples qu’il ne sert leurs intérêts.

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