Espagne : Attentat manqué de l’ETA à Logrono

L’ETA a tenté en vain de faire exploser une voiture chargée de 80 kilos d’explosifs dimanche soir devant un bâtiment gouvernemental à Logrono (nord), quelques heures après ses menaces réitérées de «frapper» l’Etat espagnol sur «tous les fronts». L’attentat de l’organisation indépendantiste basque armée a échoué à cause d’ «une défaillance du système de mise à feu» de la charge explosive, a indiqué à l’AFP une source du ministère de l’Intérieur. Seule une petite détonation a eu lieu, vers 23h30 (21h30 GMT), sans faire de dégâts ni de victimes, après un avertissement téléphonique anonyme adressé par une personne affirmant représenter l’ETA au quotidien indépendantiste basque Gara, canal de revendication habituel de l’organisation. Des agents spécialisés de la garde civile ont désactivé vers 07h30 (05h30 GMT) les quelque 80 kilos d’explosifs disposés dans la voiture piégée. Le véhicule avait été garé en marche arrière, en face d’un bâtiment du ministère de la Défense à Logrono, capitale de la Rioja, région voisine du Pays basque (nord) et de la Navarre (région partiellement bascophone). Cette procédure rappelle celle de l’attentat perpétré le 24 août à Durango (nord) contre une caserne de la garde civile, par le premier du groupe armé depuis la rupture officielle, le 5 juin, de sa trêve de mars 2006. L’ETA avait alors légèrement blessé deux personnes en faisant exploser une fourgonnette piégée également garée en marche arrière face à l’édifice, afin d’accroître les dégâts provoqués par l’explosion.
L’attentat raté de Logrono est la deuxième action avortée en quelques semaines de l’ETA, tenue pour responsable de la mort de 819 personnes en 39 ans de lutte armée pour l’indépendance du Pays basque.
Le 26 août, des membres de l’ETA s’apprêtant à commettre un important attentat mais craignant d’être repérés par la police, avaient fait exploser une fourgonnette chargée d’explosifs en pleine campagne près de Castellon (est). Ces deux « échecs » conduisaient, lundi, les observateurs à se poser des questions sur l’efficacité opérationnelle du groupe armé, qui a subi plusieurs revers à la suite d’une série d’opérations policières. 22 membres présumés de l’ETA, dont 17 dans le sud-ouest de la France, ont été arrêtés depuis la fin de la trêve, parmi lesquels le chef présumé de la logistique de l’organisation, Juan Cruz Maiza Artola, le 26 juillet à Rodez (sud-ouest de la France), et le principal artificier du groupe armé, Luis Ignacio Iruretagoyena Lanz, le 1er septembre à Cahors (sud-ouest de la France). L’action ratée de Logrono a eu lieu quelques heures après la diffusion d’un communiqué dans lequel l’ETA a réitéré dimanche ses menaces, promettant de « frapper » l’Etat espagnol « sur tous les fronts ».
S’exprimant pour la première fois depuis son communiqué officiel de fin de trêve, l’ETA a de nouveau réclamé «le droit pour le Pays Basque de décider librement de son avenir» et a revendiqué ses dernières actions violentes.
L’organisation clandestine a aussi de nouveau rejeté la responsabilité de l’échec de la tentative de mener à bien un processus de paix sur le Parti socialiste espagnol (PSOE) et sur le Parti nationaliste basque (PNV, démocrate-chrétien) qui dirige le gouvernement autonome basque.
Le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero avait entamé en juin 2006 un dialogue avec l’ETA après l’annonce en mars d’un "cessez-le-feu permanent" de l’organisation. Ce processus avait volé en éclats avec le spectaculaire attentat commis le 30 décembre 2006 par l’ETA dans un parking de l’aéroport de Madrid (deux morts).

Virginie Grognou
(AFP)

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