Espagne : Des législatives décisives pour Zapatero

Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a annoncé que les élections législatives auront lieu le 9 mars 2008. M. Zapatero, qui se présentera pour un second mandat face à son adversaire politique Mariano Rajoy, a ajouté que la campagne électorale débutera le 22 février et durera jusqu’au 7 mars.
 Zapatero qui avait été élu juste après les attentats de Madrid a officialisé la date qui était sur toutes les lèvres depuis l’annonce le 17 novembre de la date des élections régionales en Andalousie, qui coïncident toujours avec les législatives espagnoles. Le gouvernement Zapatero a connu durant ces quatre ans des affrontements avec la droite sur l’élargissement du pouvoir de l’autonomie catalane et le processus de paix manqué avec l’organisation terroriste basque ETA. Le dernier sondage d’envergure sur les chances des partis participants (PP et PSOE) a été publié le 22 novembre dernier par le Centre d’investigations sociologiques (CIS). Ce sondage a révélé une avance de 2,3 points au PSOE sur le PP, crédités respectivement de 39,7% et 37,4% des intentions de vote. Un résultat qui traduit un resserrement en faveur de la droite par rapport aux mois précédents. Mariano Rajoy, successeur à la tête du Parti populaire de l’ancien chef du gouvernement conservateur, José Maria Aznar, avait déjà été l’adversaire malheureux de Zapatero aux législatives de mars 2004.
Madrid a été le théâtre, lundi 31 décembre, d’une grande manifestation des conservateurs qui défendent « la famille traditionnelle ». Ce rassemblement qui répond à l’appel de l’archevêché de la capitale espagnole, et qui réunit des centaines de milliers de personnes, intervient au moment où les groupes anti-avortement ont repris une ampleur importante en Espagne. La gauche accuse l’Eglise et le Parti populaire (opposition de droite) d’utiliser cette mobilisation dans la perspective des élections législatives de mars 2008. L’archevêque de Madrid se défend d’avoir organisé une manifestation politique contre le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, qui a approuvé plusieurs mesures, qui ont déplu aux catholiques, comme le mariage homosexuel ou une loi accélérant les procédures de divorce. À quelques semaines des élections législatives, qui seront organisées après trois décennies de démocratie, l’Espagne montre qu’elle demeure encore sous l’influence de l’église et d’un front conservateur très fortement ancré dans la société.

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