Europe : Le plaidoyer de Bush

Mercredi soir, l’avion du président américain s’est posé à l’aéroport de la capitale allemande, première étape d’une tournée qui se poursuivra ensuite à Moscou, Paris et Rome. Le menu des discussions entre le chef de la Maison blanche et les responsables européens s’annonçait très copieux avec notamment l’Irak, l’Afghanistan et le commerce américano-européen. Mais deux principaux points devaient dominer : les relations avec la Russie et la lutte contre le terrorisme.
Le tout dans un climat assez tendu avec, d’une part, la persistance des menaces terroristes et, d’autre part, les divergences profondes entre les Etats-Unis et les Quinze sur de nombreux dossiers. Ces désaccords devaient d’ailleurs donner lieu à d’importantes manifestations, à l’image de celle qui a rassemblé 20.000 Berlinois mercredi. Peu importe, George W. Bush l’a dit lui-même : «j’adore me rendre dans un endroit qui a confiance dans sa liberté, un endroit où les gens se sentent libres d’exprimer ce qu’ils pensent, parce que c’est ce en quoi je crois»… Même si elles ont le don de crisper, les récentes décisions américaines -les taxes sur les importations d’acier, les subventions agricoles, la non-ratification du traité de Tokyo sur les gaz à effet de serre- devraient donc être laissées pour un temps de côté par l’UE.
Le président américain étant surtout attendu sur la question de l’Irak. Avant même que l’intéressé ne prenne la parole devant la Budenstag jeudi, les parlementaires allemands avaient d’ailleurs prévenu qu’ils l’interpelleraient sur ses intentions. «Je n’ai aucun plan militaire sur mon bureau mais j’envisage toutes les options, en étroite relation avec nos alliés (…). C’est (Saddam Hussein) un danger que nous devons prendre sérieusement en compte et nous le prenons mieux en compte maintenant», avait prudemment assuré M. Bush à la veille de son départ.
Le président américain entendait pour sa part faire passer à ses alliés «un message de force face au terrorisme», et plaider pour une augmentation des dépenses de défense de l’OTAN (Organisation du Traité Atlantique-nord). Une transformation «plus que jamais nécessaire» dans la lutte contre le terrorisme. Sa visite à Moscou et Saint-Pétersbourg, de jeudi à samedi, allait quant à elle être dominée par la signature du traité Bush-Poutine sur la réduction des deux tiers (sur 12 ans) des arsenaux nucléaires des deux pays. Si d’autres accords étaient prévus, celui-ci devait symboliser la « fin de la guerre froide». M. Bush entendait toutefois insister auprès de son homologue russe sur «les risques que font courir au monde» les exportations de technologies sensibles russes vers l’Iran, ce pays figurant en première place sur la liste américaine des sept pays «parrainant le terrorisme».
Dès dimanche en France, le chef de la Maison blanche devait ensuite rencontrer le président Jacques Chirac, avant de se rendre, dans la soirée de lundi, sur la base militaire de Pratica di Mare, près de Rome, pour le sommet Russie-OTAN.
Une réunion qui confirme l’ancrage de Moscou à l’Occident après la récente création d’un conseil de coopération entre les deux parties. George W. Bush sera enfin reçu mardi en audience par le Pape Jean-Paul II avant de regagner les Etats-Unis où la polémique sur les disfonctionnements des services de sécurité américains avant le 11 septembre, bat son plein.

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