Événement : Cadrage : La guerre des contradictions

Elle est inhabituelle cette guerre contre l’Irak. Jamais dans l’Histoire de l’humanité une action d’hostilité militaire n’a été aussi atypique et contradictoire dans le fond et dans la forme.
Sa spécificité principale est le fait qu’elle soit la première guerre sur rendez-vous. Jadis, les conflits armés avaient pour essence l’effet de la surprise. Un Etat ayant des intentions hostiles envers un autre préférait toujours garder en secret tant le lieu que la date de l’attaque. Dans cette guerre, un rendez-vous est fixé : Bush l’annonce et le précise. Et c’est parti pour le compte à rebours. Ainsi, pas de surprise.
Tout le monde est averti : le monde entier va changer jeudi à la première heure. Un rendez-vous à ne pas rater. Et tous les membres de la communauté internationale attendent ce jour "j" où tout va basculer : les acquis humanitaires avec tous les principes des droits des peuples, des droits de l’Homme et des droits tout court, ainsi que les mécanismes onusiens qui servaient de rempart contre tout abus inter-étatique. Toutes ces règles que l’humanité s’est efforcée de créer, de défendre et d’entretenir durant des siècles sont balayées d’un seul coup à l’humeur de Bush.
Pour ce qui est des contradictions, rien à démontrer. Cette guerre est un ensemble de contredits et d’arnaque intellectuelle et sociale.  Ainsi, tous les discours entretenus par le trio de la guerre, Bush-Aznar-Blair, sont d’une hypocrisie aussi manifeste que leurs véritables intentions.
D’abord, ils tentent de convaincre le monde entier qu’ils cherchent à imposer à l’Irak le respect de la légalité internationale, mais, au vu et au su de toute la communauté internationale, ils agissent dans l’illégalité internationale.  Autre aspect contradictoire : le discours pacifiste des dirigeants guerriers. Aznar, par exemple, dans son discours devant le Parlement de son pays, a insisté sur le fait que son pays n’allait pas participer à la guerre. Selon lui, l’armada espagnole se limiterait au soutien logistique de l’armée américaine. Ridicule. Car, tuer ou aider à tuer revient au même. C’est dire que celui qui ligote une victime avant qu’un complice ne l’égorge est innocent ne devrait pas être accusé d’homicide volontaire avec préméditation.
Dans ce même discours, le président Aznar annonce que son armée installerait un hôpital pour aider les victimes de la guerre. N’aurait-il pas été préférable de s’opposer à cette guerre et éviter qu’il y ait des victimes au lieu de se vanter de vouloir les hospitaliser après?
Enfin, et c’est le comble de l’hypocrisie, les trois instigateurs de la guerre préfèrent parler de la reconstruction de l’Irak. Pour eux, c’est une préoccupation majeure et ils ne cessent de répéter leur volonté de reconstruire ce pays. Ne devraient-ils pas éviter de le détruire avant?
Qu’il s’agisse de Bush, de Blair ou d’Aznar, il est évident que les arguments pour faire la guerre ne manquent pas, mais, encore faut-il qu’ils les révélent. Car, tout ce qu’ils avancent publiquement n’est qu’une mascarade mal organisée.

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