Événement : Cadrage : Le bourbier irakien

Événement : Cadrage : Le bourbier irakien

La situation en Irak pose un sérieux problème –et c’est là un doux euphémisme – à l’administration Bush et, partant, aux Etats-Unis tout entiers. Un an après l’invasion de l’Irak et la chute de Saddam Hussein, l’«ordre» est bien loin d’avoir été établi. Washington, qui pérorait après l’entrée de ses soldats à Baghdad il y a un an, semble avoir mis une sourdine à ses déclarations paternalistes.
Le pays est devenu une véritable poudrière où toutes les mèches sont allumées. Etait-ce prévu dans les plans de George Bush et des faucons parmi ses conseillers, qui y trouveraient matière à expliquer la prorogation de la présence militaire en Irak ? probable, quoique pouvant être, à l’inverse, révélateur du manque de connaissance des Américains de la chose arabe.
Une carence qui peut expliquer que Washington ne s’embarrasse guère de diplomatie, dès lors qu’il s’agit de défendre ses intérêts. Mais, dans ce cas d’espèce, il semblerait que bien des impondérables soient venus mettre leur grain de sel dans la machine US, qui connaît quelques ratés. Des ratés qui prennent la forme d’expéditions punitives aux conséquences humaines dramatiques. Et, loin d’atténuer les ardeurs des «rebelles», les opérations militaires des GI’s ne font qu’attiser la soif des irrédentistes qui ne peuvent souffrir d’avoir été dupés, pour un certain nombre d’entre eux du moins. Dupés parce qu’ils considèrent que de «libérateurs», les Américains sont devenus envahisseurs, après avoir chassé le dictateur. Ce qui s’appelle tomber de Charybde en Scylla. Mais ils ne s’attendaient certainement pas à se voir opposer une résistance aussi farouche. Les durs combats qui se déroulent depuis le début de cette semaine sont là pour en témoigner.
D’autant plus qu’entre résistants chiites et sunnites, les stratèges américains ne savent plus à quels saints se vouer. Et c’est sur le plan diplomatique qu’ils risquent de subir les revers les plus cinglants, car même leurs alliés les plus proches –hors la Grande-Bretagne – semblent prendre leurs distances vis-à-vis de l’encombrant ami américain, malgré sa toute-puissance aussi bien militaire qu’économique.
L’exemple le plus récent est la décision de l’Espagne de rapatrier ses troupes envoyées en Irak sous l’ère José Maria Aznar.
Le chef sortant de l’Exécutif espagnol avait été l’exemple même du suivisme aveugle. Toujours est-il que, de floue, la situation est devenue franchement cauchemardesque pour les Etats-Unis, qui voulaient faire de l’Irak leur laboratoire et leur base de lancement de leur nouvelle conception du Grand Moyen-Orient.
L’odeur du pétrole, bien entendu, n’y était pas totalement étrangère. Résultat : les plaines désertiques de l’Irak se mettent soudain à ressembler étrangement aux rizières du Vietnam.

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