Événement : Cadrage : Moyens de bord

La poussée de la pneumonie atypique en Chine et à Hong Kong ne cesse de faire des ravages : au moins 94 cas de décès dans le monde et quelques 2704 de maladies avérées et suspectes. Le bilan s’alourdit de jour en jour en l’absence d’un remède efficace à même de juguler la “mondialisation“ de ce mystérieux virus qui a touché de nombreux pays. Le Maroc est-il à l’abri de cette épidémie ?
La menace est réduite de manière substantielle puisque entre le Maroc et la Chine il n’existe pas de vol direct. Résultat : le premier filtre se fait dans les aéroports de transit. Le risque qu’un avion assurant la liaison Pékin-Casablanca transporte à bord des passagers suspects s’en trouve donc très minime.      
Laissant entendre qu’il n’y a rien à craindre, le ministre de la Santé multiplie les déclarations rassurantes, soulignant que ses services ont mis en place un dispositif d’urgence dans les postes frontiers, les aéroports et les ports. Les départements concernés ont reçu une fiche technique expliquant les symptômes de la maladie, les précautions à prendre et les premiers soins à entreprendre. Si jusqu’ici, aucun cas suspect ou avéré n’a été signalé dans un quelconque poste frontier national, la question qui se pose est liée évidemment au degré d’efficacité de ces mesures préventives. Compte tenu de l’état de la santé au Maroc et de l’insuffisance des moyens humains et matériels qui lui sont habituellement alloués, peut-on objectivement faire face à une éventuelle apparition de la maladie chez nous ? Quand on sait que le plus grand aéroport du pays, l’Aéroport Mohammed V, compte un seul médecin et trois infirmiers… Comme quoi, la maîtrise de ce syndrome respiratoire nécessite le déploiement de gros moyens qui soient à la hauteur du danger.   
Selon un spécialiste, il suffit qu’un cas de pneumonie atypique soit déclaré dans un vol à destination du Maroc pour que la contagion touche les autres passagers. Ce serait alors la grande panique. Cette situation est de nature, ajoute notre interlocuteur, à mettre à très rude épreuve le plan sanitaire d’urgence dès lors qu’il faudrait placer en isolement les individus contaminés dans les structures appropriées.
Si le Maroc ne fait pas partie selon l’OMS des pays atteints par cette nouvelle épidémie mystérieuse, il n’en reste pas moins que les maladies respiratoires sévissent particulièrement à Casablanca. Dans cette métropole, où la pollution continue de faire des ravages, on assiste dans l’indifférence générale à une recrudescence de la mortalité liée aux troubles de l’appareil respiratoire. Cette situation alarmante ne mérite-elle pas la mise en place d’un dispositif d’envergure exceptionnel ?

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