Exactions : Le MPCI ivoirien dément les accusations d’Amnesty

Dans un rapport publié mercredi, Amnesty International a accusé le mouvement rebelle ivoirien d’avoir exécuté des dizaines de gendarmes et certains de leurs enfants à Bouaké le 6 octobre. Cette affaire avait déjà été soulevée par une mission de l’ONU qui s’était rendue en Côte d’Ivoire en décembre. Son rapport avait parlé de «soupçons» concernant l’existence d’un charnier dans le fief rebelle du centre.
Le MPCI avait confirmé la présence de cette fosse mais avait précisé que les gendarmes morts avaient été tués lors de combats entre les deux camps. Mercredi, l’organisation de défense des droits de l’Homme est pourtant allée plus loin : «La plupart ont été abattus de sang froid (…) alors qu’ils étaient détenus avec une cinquantaine de leurs enfants et quelques civils dans la prison du camp militaire du 3ème Bataillon d’Infanterie de Bouaké».
«Ils ont été tués au combat quand on était attaqués», a répété jeudi le sergent-chef Chérif Ousmane, un des principaux responsables militaires du MPCI. «On tenait Bouaké depuis le 19 septembre et on n’a tué aucun gendarme, pourquoi attendre le 6 octobre ? (…) Les gendarmes ont été les premiers à ouvrir le feu sur nous ce jour-là, on les a délogés et on a saisi leurs armes», a-t-il ajouté. La version du secrétaire général, Guillaume Soro, ne diffère pas, elle est même selon lui «vérifiable sur place». Il a aussi souligné que cette étude coïncidait avec la nomination par Laurent Gbagbo du président d’Amnesty en Côte d’Ivoire, ministre de la Justice dans le nouveau gouvernement de réconciliation.
Un Exécutif qui peine à se former depuis la prise de fonction de Seydou Diarra le 10 février, et pour lequel le Comité de suivi des accords de Marcoussis a encore réclamé jeudi la coopération de toutes les parties.
Sans doute est-ce aussi pour accélérer le processus que le président Gbagbo a décidé de se rendre à Lomé samedi pour rencontrer le général Eyadéma, coordonnateur ouest-africain dans la crise ivoirienne.

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