Extradition des « Afghans algériens »

Extradition des « Afghans algériens »

La visite de Pervez Moucharaf en Algérie « est la première du genre d’un chef d’Etat pakistanais depuis plus de trente ans », a affirmé l’agence de presse algérienne APS. Et d’ajouter, qu’elle « revêt également une profonde signification politique et constitue un jalon important dans la voie du raffermissement des relations traditionnelles d’amitié et de coopération entre l’Algérie et le Pakistan. En fait, les relations entre Alger et Islamabad ne sont pas aussi amicales que cela. Elles sont même tendues depuis plusieurs années. Exactement, depuis le commencement des affrontements terroristes en Algérie, au début des années 1990. La presse algérienne estime que le fameux GIA a vu sa naissance au Pakistan. Ce groupe armé extrémiste avait fait basculer l’Algérie dans une spirale de la terreur dont les séquelles sont toujours apparentes. Ces accusations ont été bien évidemment démenties, à l’époque, par les autorités pakistanaises. Mais Alger accuse également le Pakistan d’avoir facilité le transit des combattants algériens vers l’Afghanistan et de les avoir même entraîné dans les camps de Peshawar. C’est dans cette région pakistanaise que les Afghans algériens transitaient pour se rendre au front et mener le djihad contre les soviétiques, puis contre les Afghans eux-mêmes. Ces combattants, bien entraînés ont mené la vie dure à la police, la gendarmerie et à l’armée algérienne pendant longtemps. Après les événements du 11 septembre, qui ont secoué New York et Washington, la politique d’Islamabad a connu un revirement total. Bon nombre de moujahidines arabes en Afghanistan se sont faits arrêter et transférer vers Guantanamo ou ont carrément péri sous les bombes américaines. Avec plus de chance, d’autres ont pu regagner le Pakistan. Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux y séjournent toujours ou ont préféré se réfugier dans des pays d’Europe occidentale. C’est la raison pour laquelle même les services de renseignements européen et américain sont intéressés pour savoir ce que Moucharaf a dans son escarcelle. La liste des détenus et des informations sur leurs activités peuvent conduire à l’arrestation de plusieurs autres suspects. En tout cas, Alger met énormément d’espoir sur la visite de Moucharaf pour que le voile soit levé sur le sort de ces Algériens recherchés depuis plusieurs années. Ceux qui ont été arrêtés par les services de sécurité pakistanais devraient être extradés vers leur pays d’origine. Toutefois, les deux pays n’avancent pas le même nombre de prisonniers. Selon le Quotidien d’Oran, Islamabad ne parle que de 30 détenus Algériens alors qu’Alger en dénombre 200. C’est certainement sur ce point que les négociations vont coincer. Islamabad n’a pas l’intention de brûler toutes ses cartes. Et même si elle fait preuve d’une totale bonne volonté, elle risque de le payer assez cher. Elle constitue, aujourd’hui, une cible facile pour les terroristes.

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