Facebook oblige Eric Besson à chambouler son mariage

Facebook oblige Eric Besson à chambouler son mariage

Cela devait être l’événement politico-people de la rentrée. Un des plus lumineux ministres de l’écurie de Nicolas Sarkozy, Eric Besson, 52 ans, épousant sous le regard artificiellement ému de la très mondaine maire du VIIe arrondissement de Paris, Rachida Dati, la très juvénile tunisienne Yasmina Tordjman, 24 ans , étudiante en école d’art et arrière-petite-fille de l’ancienne Première dame de Tunisie, Wassila Bourguiba. L’heureux événement était attendu avec impatience par la presse.
Et pour cause. Le parcours sulfureux, politique et personnel d’Eric Besson, la beauté piquante et l’origine exotique de sa jeune fiancée tunisienne faisaient de ce mariage une idylle des temps modernes avant même que la cérémonie ait lieu. Quelle performance tout de même, s’exclamerait sans doute un chansonnier mal inspiré. Voilà un homme qui a réussi à se faire détester par sa propre famille qu’il a abandonnée, les aigreurs de son ancienne épouse Sylvie Brunel aromatisent encore les rayons de librairies, par sa famille politique, le Parti socialiste qu’il a trahi, par la majorité présidentielle qu’il a empoisonnée par son foireux débat sur l’identité nationale, voilà un homme qui a incarné l’infatigable chasse à l’immigré clandestin et qui se retrouve ironie du destin, à célébrer ses épousailles avec une jeune Tunisienne et pourquoi pas à pratiquer le regroupement familial.
Cet événement heureux devait avoir lieu dans la stricte intimité mondaine qu’offre la notoriété contestée du ministre. La rumeur politique annonçait même la présence de Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni ainsi que de nombreuses célébrités, notamment des étoiles du Cac 40  à cette cérémonie. Tout roulait comme sur un carrosse doré quand un journal, «Le Parisien», publia les bans de ce mariage. Il donne la date, le 16 septembre et le lieu, la mairie du VIIe arrondissement.
Pour n’importe quelle autre personnalité sans doute, l’information aurait à peine suscité un haussement d’épaules indifférent, quant au pire elle n’aurait pas excité la curiosité des mordus de la planète people qui suivent de manière obsessionnelle les informations sur leurs célébrités préférées. Mais dans le cas d’Eric Besson, les choses tournent vite au grand vinaigre. De nombreux groupes se sont constitués sur un des plus efficaces réseaux social du moment «Facebook» pour appeler à une mobilisation générale et à venir chahuter et perturber la cérémonie. La mobilisation était si intense qu’elle prédisait un record de participation à cet exercice de chahut social à forte connotation politique. Eric Besson, ministre polémique, allait donc se marier dans une ambiance électrique que l’actuelle tension sociale allait aiguiser. Tout de suite une image frappa les esprits, celle d’une mairie tenue par l’UMP dans laquelle se marie un membre du gouvernement, protégée par des garnisons de CRS, assiégée par des hordes de jeunes mecontents, de sans-papiers en colère. Pour éviter ce cliché qui risquait à tout moment de dégénérer, Eric Besson, la peur dans le ventre, avait pris l’unique décision qui s’offrait à lui : «J’ai décidé de déplacer la date et le lieu de ce mariage pour le ramener à ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, une affaire exclusivement privée». Une décision qui révèle, certes, la clairvoyance du ministre mais surtout l’extrême tension qui caractérise les relations sociales du moment.

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