Feuille de route maintenue

Les engagements pris par les deux Premiers ministres palestinien et israélien lors du sommet d’Aqaba seront respectés. Le premier, Mahmoud Abbas, a affirmé lundi à Ramallah sa volonté à mettre fin à l’intifada armée. «Ce que j’ai annoncé à Aqaba est la position qui nous engage et elle a été prise avec le plein accord de Arafat», a déclaré Abou Mazen lors d’une conférence de presse, précisant qu’il soumettrait cette déclaration au Conseil législatif palestinien. Le Premier ministre palestinien n’a pas manqué de critiquer «ceux qui mettent en doute la crédibilité et la représentativité» de son gouvernement. Cette volonté de «démilitarisation de l’Intifada» a été dénoncée par les organisations radicales palestiniennes, mais elle ne sera en aucun cas ébranlée par le regain de violence enregistré dimanche, selon Abou Mazen qui faisait allusion aux deux attaques menées par des activistes palestiniens, dans lesquelles cinq soldats israéliens ont été tués dans les Territoires. Les cinq palestiniens armés qui ont mené ces attaques ont été abattus par l’armée israélienne.
La position de Mahmoud Abass est d’ailleurs soutenue par les Etats-Unis. Le secrétaire d’Etat Colin Powell a affirmé lundi que son pays est désireux de renforcer le pouvoir de l’Autorité palestinienne pour mettre en oeuvre le processus de paix. Le pays de l’Oncle Sam sera ainsi étroitement impliqué dans le renforcement de la police et la revitalisation de l’économie moribonde des Territoires. Des mesures visant en somme à développer les capacités des Palestiniens à lutter contre le terrorisme et à mettre en place une économie viable.
Le Premier ministre israélien se trouve également dans une situation pareille. Ses promesses tenues à Aqaba n’ont fait que s’attirer le courroux des faucons du Likoud. La position d’Ariel Sharon n’a pas changé pour autant.
Dans un discours prononcé dimanche à Jérusalem à l’occasion d’une réunion du comité central du Likoud, il a réitéré son engagement en faveur de la création d’un Etat palestinien.
«J’en prends personnellement la responsabilité», a lancé l’ancien général, ignorant les huées des militants ultranationalistes de sa formation. Même si le comité central du Likoud n’a pas été consulté par vote, la réunion de dimanche a tout de même donné à Sharon un avant-goût de la bataille qui se profile au sein de son propre camp. Mais l’application des engagements tenus par Israël ne se trouve pas entravée pour autant. L’armée israélienne devait notifier lundi aux dirigeants des colons juifs de Cisjordanie la liste des colonies sauvages que le Premier ministre s’est engagé à démanteler. Cette opération pourrait débuter dès la nuit prochaine, selon la radio publique. Pour ce faire, une liste de quinze postes avancés, pour la plupart inoccupés, servant à la protection des colonies juives de peuplement, et qui pourraient être démantelés dans les jours qui viennent a été dressée par l’armée israélienne.  Dans ce contexte, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, dont le pays assurera à compter du 1er juillet la présidence tournante de l’Union Européenne, a entamé une tournée qui l’amène en Israêl, en Jordanie et en Egypte. S’il devait rencontrer lundi le Premier ministre israélien Ariel Sharon et le président Moshe Katsav, aucun rendez-vous n’est programmé ni avec le nouveau Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas ni avec le Président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *