Fin d’un leader tchétchène

Fin d’un leader tchétchène

Le leader indépendantiste Tchétchène Aslan Maskhadov, a été assassiné le 8 mars 2005 lors d’une opération spéciale, à Tolstoï-Iourt, un petit village situé à seulement une dizaine de kilomètres au nord de Grozny, la capitale tchétchène. Pour les Russes, qui avaient promis 10 millions de dollars pour la capture de Maskhadov après la sanglante prise d’otages dans une école de Beslan (Ossétie du Nord, caucase russe) en septembre dernier, c’est une immense victoire.
Elu président de la Tchétchénie en 1997, avec à l’époque la bénédiction du Kremlin qui s’était retiré quelques mois plus tôt de la république séparatiste, Maskhadov, un ancien officier de l’Armée soviétique, était considéré par les Russes comme un chef terroriste depuis le déclenchement de la seconde guerre de Tchétchénie à l’automne 1999.
Mais le leader indépendantiste, qui a toujours condamné les prises d’otages et les actes terroristes touchant les civils, était aux yeux de nombreux experts une force modératrice au sein de la rébellion séparatiste. Cet assassinat a été cond-amné par les rebelles tchétchènes, ils promettent une guerre totale, alors que la mort de Maskadov a été salué, par le gouvernement russe et à sa tête le président Vladimir Poutine. A Moscou, le président de la Chambre basse du Parlement russe, Boris Gryzlov, a salué l’élimination du « terroriste » Maskhadov, comme l’ensemble des députés lors d’une séance plénière de la Douma, mercredi matin. « L’élimination d’un terroriste d’envergure internationale ne peut être considérée que d’une seule façon: le mal va désormais diminuer », a déclaré Boris Gryzlov. La mort d’Aslan Maskhadov va marquer « un tournant dans la lutte contre le terrorisme dans le Caucase », a assuré le chef du parti ultra-nationaliste, Vladimir Jirinovski, selon des propos relayés par l’AFP. Mais si les Russes jouissent de l’élimination de Aslan Maskhadov, la rébellion tchétchène a promis mercredi une guerre totale, estimant que l’élimination du dirigeant indépendantiste, Aslan Maskhadov, mettait fin à tout espoir de solution négociée, tandis que Moscou saluait la mort d' »un terroriste d’envergure internationale ». « Avec la mort du président de l’Itchkérie (le nom de la Tchétchénie indépendante), s’ouvre une nouvelle période dans l’histoire du conflit russo-tchétchène: elle ne prévoit pas de négociations, ni d’arrêt de la guerre », a prévenu le site Internet Kavkazcenter.com, le moyen de communication privilégié de l’aile radicale de la rébellion. Le chef de guerre radical, Chamil Bassaïev, a menacé à plusieurs reprises de multiplier les actes terroristes sur tout le territoire de la Russie, et de renouveler des prises d’otages semblables à celle perpétrée dans une école de Beslan (Ossétie du Nord), en septembre dernier. « Aslan Maskhadov était le seul à penser qu’on pouvait encore discuter avec Moscou (…). Il n’y a pas et ne peut y avoir de négociations avec l’empire russe. L’empire ne peut être qu’éliminé », ajoute le site, précisant que plus aucune offre de négociation ne serait faite. Les observateurs pensent, pour la plupart, que la mort d’Aslan Maskhadov ouvre la voie à la radicalisation.
Tous les commentaires sont unanimes après l’élimination de celui qui incarnait l’aile modérée du séparatisme tchétchène. Traqué depuis cinq ans par les forces fédérales russes, sa mort laisse désormais le champ libre à des chefs de guerre beaucoup plus intransigeants comme Chamil Bassaiev et Dokou Oumarov, avec qui il avait rompu. Les Tchétchènes, désormais, promettent vengeance, ce qui n’inquiète pas les politiques russes. Mais ce qui est sûr c’est que la résistance tchétchène ne risque pas de s’atténuer.
Cet assassinat donne, en effet, l’occasion aux rebelles tchétchènes de manifester leur désarroi, leur haine et par conséquent ils ne resteront pas les bras croisés, « le conflit ne peut que se radicaliser », disent –ils dans des propos relayés l’AFP.

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