FINUL : tension sur fond de leadership

L’Italie hésitait lundi à prendre le commandement de la Finul, comme l’en pressait Israël depuis dimanche à la suite des réserves émises par Paris sur l’engagement de ses troupes.
Le gouvernement de Romano Prodi ne remet pas en cause sa participation à l’application de la résolution 1701 mais veut, comme Paris, voir, au préalable, réunies les conditions du succès de la mission d’interposition entre Israël et les combattants du Hezbollah.
Selon la presse italienne, le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, aurait, explicitement demandé à Romano  Prodi que l’Italie « guide la Force internationale ».
Cette demande est intervenue à la suite de ce que les commentateurs de la péninsule qualifient de "coup de frein" donné par la France au déploiement de ses soldats au Liban.
Outre Ehoud Olmert, le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, le Premier  ministre britannique, Tony Blair, et la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, ont également encouragé, dimanche, les dirigeants italiens à reprendre le  flambeau du commandement de la Finul que Paris semble vouloir abandonner.
La presse italienne évoquant cette hypothèse est partagée entre l’orgueil et la prudence.
"Pour l’Italie, exclue de la troïka européenne (sur les négociations nucléaires avec l’Iran) au temps du gouvernement Berlusconi, prendre la tête de  la Force de l’Onu aurait un goût tardif de revanche", écrit « La Repubblica »  dans  un éditorial.
Le journal reconnaît cependant sous le titre "Au commandement, mais sans  l’Europe" une autre manière d’écrire que l’Italie risque de se trouver propulsée à la tête d’une force où les autres nations européennes ne  dépêcheraient que des contingents symboliques.
Les experts militaires italiens cités par le quotidien romain « Il Messaggero » sont circonspects : «L’Italie ne peut être seule (…) Prendre la tête de la  mission internationale au moment où d’autres pays se défilent pourrait exposer  notre pays à des risques très graves et en faire la cible privilégiée d’attentats terroristes», estiment ces experts.
Le chef du gouvernement italien n’a pas écarté dimanche soir la possibilité que l’Italie prenne le commandement de la Finul, mais il ne l’a pas acceptée non  plus.
Selon ses proches cités par « La Stampa », M. Prodi, ancien président de la  Commission européenne et pro-européen convaincu, voudrait que la crise libanaise  permette "à l’Europe de faire sentir sa capacité, sa force et sa compétence sur le plan militaire".
Or, constate le journal, comment l’Europe peut-elle montrer son unité si  l’Allemagne n’envoie pas de troupes, si la France limite son contingent à 2.000  hommes, l’Espagne à 700 soldats et l’Angleterre à l’envoi de quelques avions de  reconnaissance ?    Romano Prodi a téléphoné dimanche soir au président français Jacques Chirac.
«Nous n’avons aucun problème avec la France, a-t-il déclaré aux  journalistes. Chaque pays prendra sa décision et il n’y aura rien d’autre à  faire qu’à en prendre acte».
« La Repubblica » a interprété cela comme le signe que M. Prodi entendait éviter toute tension sur le leadership de la Finul avec la France et attendrait la réunion prévue mercredi à Bruxelles du Comité politique de sécurité de  l’Union pour décider si Rome devrait éventuellement se substituer à Paris comme  premier contributeur de la Finul et donc en prendre le commandement.

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