Fischer : L’Europe refuse d’être un satellite

Dans un entretien au quotidien allemand «Die Welt », le chef de la diplomatie allemande affirme qu’ « un monde de six milliards d’habitants ne sera pas emmené vers un avenir de paix par une seule et unique superpuissance ».
Les propos de Fischer illustrent le fossé qui sépare l’Europe des Etats-Unis sur les moyens de lutter contre le terrorisme international. « Je ne soutiens absolument pas les anti-américains, mais même en prenant en compte les différences de taille et de poids, les alliances ne doivent pas se résumer au verbe suivre. Les partenaires d’une alliance ne sont pas des satellites ».
A l’instar de son homologue français Hubert Védrine, qui a reproché la semaine dernière aux Etats-unis leur approche « simpliste » de la politique étrangère, Fischer a critiqué les propos de Bush à l’encontre de l’Irak, de l’Iran et de la Corée du nord, accusées de former « un axe du mal » encourageant le terrorisme. « La coalition internationale contre la terreur ne constitue pas une base pour faire n’importe quoi contre n’importe qui, et surtout pas de sa propre initiative. Tous les ministres européens sont d’accord sur ce point », ajoute-t-il, soulignant que « l’expression axe du mal » ne nous conduit nulle part et mettre l’Iran, l’Irak et la Corée du nord dans le même panier, où cela nous mène-t-il ? ». Refusant de spéculer sur l’éventualité de frappes américaines sur Baghdad, le ministre allemand a évoqué le conflit au Proche-Orient, où il doit se rendre cette semaine.
A cet égard, il a regretté l’isolement actuel du président palestinien Yasser Arafat, confiné depuis le 3 décembre par Israël dans son quartier général de Ramallah, en Cisjordanie. «Personne ne peut se résoudre à se faire dicter par l’autre camp le nom de son dirigeant légitime et tant que ce sera Yasser Arafat, personne ne pourra le mettre de côté», a-t-il ajouté.

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