Foley déstabilise les plans de Bush

Foley déstabilise les plans de Bush

La stratégie de campagne de George W. Bush pour les élections à mi-mandat est gênée actuellement par l’affaire Foley qui pourrait faire perdre aux républicains leur contrôle de la Chambre des représentants, estiment certains analystes.
L’irruption de cette affaire dans le débat politique un mois avant les élections pourrait bien plonger dans l’embarras des républicains, qui sentent déjà les effets de l’impopularité de la guerre en Irak.
«C’est un problème vraiment très sérieux pour les républicains, actuellement», estime Merle Black, professeur de sciences politiques à l’université Emory d’Atlanta. «Nous ignorons dans quelle mesure cela va influer. Nous sommes à un mois des élections. Mais pour le moment, c’est un casse-tête pour l’état-major républicain».
Après un été difficile avec nombre de mauvaises nouvelles venant d’Irak, George Bush avait paru reprendre la main dans les semaines autour du cinquième anniversaire des attentats du 11 septembre.
Sa cote de popularité était en hausse, et son message, voulant que les républicains étaient mieux à même que les démocrates de combattre le terrorisme, et que les Etats-Unis devaient rester en Irak jusqu’à ce qu’ils aient fini leur travail, passait dans la population.
«Les enjeux sont grands, les démocrates sont le parti des gens qui fuient. Le nôtre est un parti qui a une vision claire et qui dit que nous donnerons à nos commandants et à nos troupes le soutien nécessaire pour parvenir à la victoire en Irak. Nous resterons en Irak, nous combattrons en Irak et nous l’emporterons en Irak», a dit Bush mardi à Stockton, en Californie.
Ce thème-là, il va continuer à le marteler, mais pour le moment, le scandale impliquant Mark Foley, qui a démissionné, a glissé un sérieux grain de sable dans la machine.
Cet élu républicain a quitté ses fonctions à la Chambre des représentants après avoir été accusé d’avoir adressé des courriels particulièrement licencieux à des adolescents stagiaires qui  travaillent comme garçons de course au Congrès.
«Cela modifie tout. J’ignore combien de temps ça va durer, mais probablement assez longtemps, parce que c’est le genre de scandale qui va connaître des rebondissements», a estimé un conseiller de la Maison-Blanche, Stephen Hess.
L’affaire Foley réussit même à éluder le nouveau livre de Bob Woodward, qui affirme, entre autres, que George W. Bush a trompé les Américains quant à l’étendue des violences en Irak.
Particulièrement inquiets, les républicains redoutent de perdre le contrôle de la Chambre des représentants, voire du Sénat. Il suffit que les démocrates conquièrent 15 sièges pour dominer cette Chambre, où ils sont minoritaires depuis 1994.
Les sondages ne tranchent pas quant aux conséquences politiques de l’affaire Foley, mais selon une enquête publiée par le magazine Time dans sa livraison de vendredi, près de 80% des personnes interrogées ont entendu parler du scandale et 16% seulement approuvent la manière dont les républicains y ont fait face.
«L’affaire Foley étouffe tout autre message de campagne», déplore un stratège républicain, Scott Reed.

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