France : Arnaud Montebourg, la nouvelle icône socialiste

France : Arnaud Montebourg, la nouvelle icône socialiste

Si dans la famille politique de Nicolas Sarkozy le Centre commence à prendre des velléités d’indépendance au point de donner des insomnies au chef de l’Etat, à gauche, la vie ne semble plus être ce long fleuve tranquille tracé par le dernier Congrès du parti et qui devait, par voie de primaires, paver la route au meilleur candidat socialiste pour affronter la droite lors de la prochaine présidentielle. Outre l’indécision savamment entretenue par la coqueluche des sondages Dominique Strauss-Kahn, outre les grandes interrogations qui pèsent sur les réelles compétences de l’actuelle première secrétaire Martine Aubry à incarner ce leadership dont les socialistes ont tant besoin, le parti de la rue de Solferino vient d’être secoué par une autre surprise, celle du coming out d’un des quadras du PS, Arnaud Montebourg. Il vient non seulement de se déclarer candidat aux primaires des socialistes mais aussi pour les prochaines présidentielles. Ses idées et son programme sont détaillés dans un livre intitulé «Des idées et des rêves». La sortie d’Arnaud Montebourg fut d’abord commentée dans les pages «médias et politiques». Elle eut une conséquence collatérale immédiate, à savoir la décision de la chaîne d’information I-Télé de se séparer de sa campagne, la journaliste politique martiniquaise Audrey Pulvar. A voir le nombre d’articles consacrés à cette affaire, l’épaisseur de son buzz, la jouissance visible du couple à en parler, la tentation est grande de croire qu’un malicieux communicateur comme Arnaud Montebourg ne s’est servi pour installer son image dans cette planète si courtisée, celle des «people-politiques». Mais une fois passé l’effet d’une candidature inattendue, Arnaud Montebourg doit confronter ses camarades socialistes. C’est à lui, le grand chantre de la sixième République, que la direction du Parti socialiste avait confié le grand chantier de la rénovation du Parti socialiste et l’organisation de ces primaires inédites au PS parce que ouverts à tous les Français qui désirent voter. Récemment, il a été vu sur la chaîne Canal+ dans un road movie américain en train d’étudier leur modèle des primaires. A l’image de tous les jeunes ambitieux du PS, Arnaud Montebourg effectue sa sortie du bois au moment même où ceux que les sondages et les commentateurs politiques considèrent comme des poids lourds comme DSK, Martine Aubry, Ségolène Royal ou Laurent Fabius font part par petites touches d’un grand deal sous forme de petits arrangements entre complices. L’ancien avocat Arnaud Montebourg, maître du verbe percutant et de la formule choc en vient à perdre son latin de colère lorsque les journalistes lui font remarquer qu’un tel arrangement vide le concept même de sa substance et le transforme en une compétition jouée d’avance. Un théâtre de marionnettes tout juste bon à amuser la galerie. Il y a eu, bien entendu, des dénégations de l’existence d’un tel arrangement. Le magazine «Marianne» habitué aux «Unes» incendiaires contre Nicolas Sarkozy explique dans sa dernière livraison les raisons pour lesquelles le président de la République peut être réélu malgré sa basse popularité. Une de ces raisons est que le PS joliment appelé «le grand corps toujours malade» n’arrive toujours pas à sécréter une personnalité suffisamment convaincante pour faire taire les ego et les ambitions.

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