France : CPE, la polémique continue

La mobilisation des jeunes contre le contrat première embauche (CPE) s’est encore élargie mardi avec des perturbations dans les deux tiers des universités et l’entrée en scène des lycéens, sans faire fléchir Jacques Chirac et ni Dominique de Villepin qui leur ont adressé une nouvelle fin de non recevoir. Selon la police, quelque 41.000 personnes, pour la plupart étudiants et lycéens, ont manifesté contre le CPE, dont 4.300 à Paris. Cinquante-sept des 84 universités françaises ont été touchées par le mouvement selon un comptage effectué par l’AFP, 46 selon le ministère, 59 selon l’Unef. Et les lycéens, jusqu’alors peu mobilisés, ont organisé des dizaines d’assemblées générales, de blocages, de rassemblements et de petites manifestations un peu partout en France.
Plusieurs actions coups de poing ont émaillé la journée : blocage de trains à Brest et à Lannion, envahissement de la gare de Nantes, interruption de la circulation à Foix, occupation depuis lundi soir d’un amphithéâtre à Paris X- Nanterre fermée, "die-in" (action de s’allonger brièvement sur le sol) à Aix-en Provence.
Clamant "résistance!" ou bien "Chirac, Villepin, Sarkozy, votre période d’essai est finie", les manifestants parisiens ont envahi la place d’Italie dès 15H00 au son des tambours et se sont dispersés à 18H00 sur la place du Châtelet. Mais, peu après, dans le Quartier latin, plusieurs centaines d’autres manifestants ont affronté les CRS, sur lesquels ils ont jeté toutes sortes de projectiles, notamment sur la place de la Sorbonne noyée de gaz lacrymogènes.
Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont redit leur refus de retirer le texte créant le CPE.
"Le contrat première embauche marchera" et fera baisser le chômage , a assuré le Premier ministre à l’Assemblée nationale.
De son côté, le ministre de l’Education Gilles de Robien a repris son leitmotiv depuis le début des blocages, début février : "On ne peut admettre qu’une minorité empêche de suivre les cours".
Le président du groupe PS à l’Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault a annoncé mardi qu’il avait déposé un recours des parlementaires PS devant le Conseil constitutionnel contre le projet de loi égalité des chances instituant le CPE.
Le ministre des Relations avec le Parlement Henri Cuq a répondu que le Premier ministre n’avait pas demandé au Conseil constitutionnel d’examiner en urgence le recours de l’opposition contre le CPE.

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